Playlist 1
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Avant de faire entendre, il faut savoir ce qu’on veut dire. Et dans cette Playlist 1, chaque morceau est une pierre. Chaque annotation, un ciment. Le blog ne commence pas ici — il se construit.
Fiche signalétique
🎼 Playlist 1 – Morceau 1 : Hotel California - The Eagles
📀 Album : Hell Freezes Over (1994)
🏷️ Label : Geffen Records
🎼 Auteur : Don Henley
📍Studio d'enregistrement Warner Bros.
Studios, Burbank, Californie
🎛️ Production : Eagles & Elliot Scheiner
Diffusé dans le cadre du MTV
Special, avril 1994
🎙️ Interprètes principaux :
- Don Henley – chant principal, guitare acoustique,
batterie
- Glenn Frey – guitares, claviers, chœurs
- Don Felder – guitares acoustiques, pedal steel,
chœurs
- Joe Walsh – guitares acoustiques, slide, orgue,
chœurs
- Timothy B. Schmit – basse, chœurs
🎹 Musiciens additionnels :
- John Corey – piano, guitare, chœurs
- Jay Oliver – orgue, claviers, piano
- Timothy Drury – claviers, chœurs
- Scott Crago – batterie, percussions
- Stan Lynch – percussions
- Paulinho Da Costa – percussions
- Gary Grimm – percussions
📝 Note artistique :
Une version acoustique mythique,
où chaque note est une respiration,
et chaque musicien — une pierre dans l’édifice sonore.
Quand l’enfer gèle, la beauté renaît
- 🎸 Une intro acoustique hypnotique,
avec des percussions latines et des guitares en dialogue
- 🎙️ Une interprétation plus intime, où
Don Henley chante comme s’il confiait un secret
- 🕯️ Une ambiance plus feutrée, plus
cinématographique, qui donne au morceau une nouvelle profondeur
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Même si cette playlist revendique un espace pour les oubliés, les discrets, les invisibles des médias, elle commence par une étoile familière. Car pour que les voix marginales résonnent, il faut parfois les faire dialoguer avec celles qui ont marqué l’histoire.
Cette version acoustique de Hotel California est une renaissance : les Eagles, après des années de silence et de tensions, reviennent avec un morceau réinventé. Ils avaient dit qu’ils reviendraient “quand l’enfer gèlera” — et ils l’ont fait. Ce morceau devient un pied de nez à leur propre passé, une réinvention plus épurée, plus introspective, plus vraie.
🎼 Playlist 1 – Morceau 2 : Guitar Boogie – Tommy Emmanuel
📀 Album : Little by Little (2010)
🏷️ Label : Favored Nations Acoustic / Sony Music Australia
📍 Enregistré à Azalea Music Studio & Omni Sound Studio,
Nashville, Tennessee
🎛️ Production : Produit et mixé par Kim Person
- Tommy Emmanuel – guitare acoustique
- Victor Wooten – basse
- JD Blair – batterie
- Darrell Tibbs – percussions
📝 Note artistique :
Dans ce morceau, la guitare ne se contente pas de jouer — elle bondit, elle s’amuse, elle raconte. Guitar Boogie est une célébration du mouvement, une cavalcade acoustique où chaque note semble sourire. Tommy Emmanuel transforme une démonstration technique en moment de pur plaisir, prouvant que la virtuosité peut être légère, joyeuse, et communicative. C’est un morceau qui ne cherche pas à impressionner — il cherche à partager.
La guitare en roue libre
Guitar Boogie, c’est le swing des années 40 revisité
par un extraterrestre du fingerpicking,
c’est la vitesse sans violence, la technique sans
froideur,
c’est le sourire qui naît dès la première note.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
Une cavalcade rythmique, où chaque note semble
rebondir comme une balle en caoutchouc.
Un groove irrésistible, porté par la basse de Wooten
et la batterie de Blair,
et surtout, la Maton de Tommy, qui claque, vibre,
respire, danse.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après l’introspection feutrée de Hotel
California, interprété par un groupe connu et reconnu il m'a semblé utile de présenter un artiste aussi prolifique et virtuose dans la même ambiance unplugged.
il fallait ouvrir les fenêtres, laisser entrer la
lumière,
et dire à l’auditeur :
“Ici, on peut aussi s’amuser —
et l’amusement peut être virtuose.”
Dans un monde saturé d’effets numériques, la guitare
acoustique semble parfois reléguée à l’arrière-plan. Et pourtant, Tommy
Emmanuel, virtuose australien, nous rappelle qu’elle peut tout dire — et mieux
que n’importe quel plugin.
Je l’ai découvert en première partie du groupe Ange,
captivé par une reprise des Beatles… qui s’est révélée être deux morceaux
parfaitement imbriqués.
Depuis, je ne l’ai plus quitté. Et quelle surprise de
retrouver son CD non pas au rayon disques, mais dans l’espace Hi-Fi d’un
magasin, utilisé comme étalon sonore.
Son ‘Guitar Boogie’ est plus qu’un morceau : c’est
une démonstration, une fête, une leçon. Une preuve que la virtuosité peut être
joyeuse, et que la guitare acoustique a encore beaucoup à dire.
Et Guitar Boogie est son chapitre le plus joyeux, le plus bondissant, le plus contagieux.
Un morceau qui donne envie de taper du pied, de sourire, et de croire que la technique peut être au service du plaisir.
🎼 Playlist 1 – Morceau 3 : Bella - Carlos Santana
📀 Album : Blues for Salvador (1987)
🏷️ Label : CBS Records / Columbia
🎼 Compositeurs : Carlos Santana, Chester D. Thompson, Sterling Crew
📍 Enregistré aux Sound City Studios, Van Nuys, Californie
🎛️ Produit par Carlos Santana, Chester D. Thompson & Sterling
Crew
🎙️ Interprètes principaux :
- Carlos Santana – guitare solo
- Chester D. Thompson – claviers
- Sterling Crew – claviers, synthétiseurs
- Alphonso Johnson – basse
- Graham Lear – batterie
🎹 Musiciens additionnels :
- Armando Peraza – percussions
- Orestes Vilató – timbales, flûte, percussions
📝 Note artistique :
🎸 La guitare qui murmure “je t’aime”
“Bella” est une caresse électrique, un souffle chaud sur les cordes.
Carlos Santana ne cherche pas à impressionner — il cherche à émouvoir.
Chaque note semble dire je t’aime sans un mot, avec une tendresse pudique.
C’est un cha-cha électrique, dédié à sa fille Stella, mais offert à tous ceux qui savent écouter le silence entre les notes.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
Une mélodie simple, limpide, qui respire l’amour
paternel.
Une guitare qui pleure doucement, qui sourit sans
éclat,
et une production qui laisse l’espace au silence
entre les notes.
- Une intimité musicale rare, loin des feux de la scène.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après le swing virtuose de Guitar Boogie, il fallait ralentir, respirer, revenir à l’essentiel.
“Bella” est un instant suspendu, un moment de pureté, offert pour un rien… ou pour tout.
C’est Carlos, non pas le guitar hero, mais le père, l'homme, le musicien intime.
Et dans ce choix, je refuse les stratégies consuméristes.
Je choisis la beauté.
Je choisis Bella.
Toujours.
Et sur la fréquence des guitares qui parlent… sans
jamais hausser le ton.
Tout le monde connaît Santana, le groupe. Mais ici,
c’est Carlos, le père, le musicien intime, qui parle.
Dans ‘Blues for Salvador’, il dédie chaque note à ses
enfants. Et dans ‘Bella’, il offre à sa fille Stella un cha-cha électrique,
tendre et vibrant.
Ce morceau méconnu est une pépite cachée.
Il rappelle que la musique ne se mesure pas en clics, mais en intentions.
Santana y parle une langue universelle : celle de l’amour, de la douceur, de la mémoire.
Et dans cette guitare qui ne crie jamais, on entend la voix du cœur.
“Bella” est un souffle, une pause, une offrande.
Elle s’inscrit dans cette playlist comme un contrepoint émotionnel, une respiration nécessaire.
Et elle nous rappelle que parfois, la plus grande force réside dans la tendresse.
🎼 Playlist 1 – Morceau 4 : Curse of the Traveller –
Chris Rea
📀 Album : Dancing with Strangers (1987)
🏷️ Label : Magnet Records (UK), Motown (US)
🎼 Compositeur : Chris Rea
📍 Enregistré à :
- Mountain Studios (Montreux,
Suisse)
- Studio Miraval (Le Val, France)
- Hartmann Digital (Bavière,
Allemagne)
🎛️ Production : Chris Rea (enregistrement partiellement
réalisé dans son garage avec trois micros)
🎙️ Interprètes principaux :
- Chris Rea – chant, guitare,
slide guitar, claviers, synthétiseur, accordéon, production, mixage
- Kevin Leach – piano acoustique,
orgue, Hammond
- Jerry Donahue – guitare solo
- Eoghan O’Neill – basse
- Martin Ditcham – batterie,
percussions
- Davy Spillane – uilleann pipes,
low whistle
🎹 Musiciens additionnels :
- Robert Ahwai – guitare
- Max Middleton – claviers
- Dave Mattacks – batterie
- Adrian Rea – batterie
- Jean Jacques Lemoine – ingénieur
- Justin Shirley-Smith – ingénieur
- Jon Kelly – mixage
- Mark Entwistle – illustration de
la pochette
- Shoot That Tiger! – design de la
pochette
- Jim Beach – management
Ce morceau est une ballade
mélancolique et puissante, qui évoque l’errance, le poids du destin, et la
solitude du voyageur.
Le blues du cœur en cavale
Je n'ai pas choisi ce morceau pour
sa virtuosité — mais pour son pouvoir d’évocation, pour cette voix fatiguée
mais tenace, pour cette guitare qui trace une route dans la poussière, et pour
ce texte qui parle de fuite, de loyauté, de solitude choisie. C’est le chant
d’un homme qui ne s’est jamais vraiment arrêté — et qui ne sait pas s’il le
veut.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
Une ambiance cinématographique,
presque western.
Des nappes de claviers et de pipes
irlandaises qui évoquent les grands espaces.
Une narration en forme de
confession, où chaque couplet est une étape et où le refrain résonne comme une
malédiction douce.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après la tendresse de
Bella, il fallait un morceau qui parle de mouvement, mais aussi de
l’impossibilité de se poser.
“Voici le blues du voyageur —
celui qui ne cherche pas la destination, mais le frisson du départ.”
Et sur la fréquence des routes qui
ne mènent nulle part… mais qui font vibrer.
Chris Rea a connu le succès avec
quelques titres emblématiques, mais sa voix s’est peu à peu effacée du paysage
audiovisuel. Ce silence n’est pas un mystère : il est lié à un combat discret
contre un cancer du pancréas, dont il est sorti vivant mais affaibli. Les
médias, souvent plus enclins à suivre les tendances qu’à raconter les
trajectoires humaines, n’ont guère relayé cette épreuve ni son retour.
Pourtant, Chris Rea est resté un bluesman authentique, un créateur à part
entière. ‘Curse of the Traveller’, extrait de l’album Dancing with Strangers
(1987), en est la preuve éclatante.
Ce morceau, à la fois mélodique et
narratif, incarne l’errance, le doute, la solitude — mais aussi la beauté du
voyage intérieur. C’est une chanson qui ne cherche pas à séduire, mais à dire.
Et dans cette parole, il y a toute la grandeur discrète d’un artiste qu’il ne
faut jamais oublier.
🎼 Playlist 1 – Morceau 5 : You and Your Friend – DireStraits
📀 Album : On the Night (Live, 1993)
🏷️ Label : Vertigo Records
🎼 Auteur : Mark Knopfler
🎼 Compositeur : Mark Knopfler
📍 Enregistré à :
- Les Arènes de Nîmes (France), du 19 au 21 mai 1992
- Ahoy Rotterdam (Pays-Bas), du 29 mai au 1er juin 1992
🎛️ Production :
- Mark Knopfler
- Guy Fletcher
- Neil Dorfsman
🎙️ Interprètes principaux :
- Mark Knopfler – chant, guitare
- John Illsley – basse, chœurs
- Alan Clark – claviers
- Guy Fletcher – claviers, chœurs
🎹 Musiciens additionnels :
- Phil Palmer – guitare, chœurs
- Paul Franklin – guitare pedal
steel
- Chris White – saxophone, flûte,
percussions, chœurs
- Chris Whitten – batterie
- Danny Cummings – percussions,
chœurs
📝 Note artistique :
Ce morceau, initialement issu de On Every Street (1991), prend une dimension plus intime et contemplative dans sa version live.
La guitare de Knopfler y est plus fluide, les silences plus expressifs, et l’ambiance plus feutrée, capturant l’essence du désir et de l’ambiguïté relationnelle.
La tendresse en filigrane
Je n'ai pas choisi ce morceau pour
sa puissance — mais pour sa pudeur, pour son mystère, pour cette manière qu’a
Knopfler de poser les mots comme des caresses, et de laisser la guitare parler
quand les phrases s’arrêtent.
C’est une chanson qui ne demande
rien — mais qui offre tout à ceux qui savent écouter doucement.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une ambiance nocturne, feutrée, presque confidentielle
- Une guitare qui suggère, plutôt que de briller
- Un texte ouvert, presque ambigu, qui laisse place à l’interprétation
- Une interprétation live qui respecte le silence autant que le son
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après le blues du
voyageur (Curse of the Traveller), il fallait un moment d’introspection, un
morceau qui ne raconte pas une histoire — mais une sensation.
Il dit à son auditeur : “Voici un
murmure — à toi de décider s’il te parle.”
Tout le monde connaît Dire
Straits. Mais qui connaît vraiment la signification de leur nom ?
“Dire Straits” signifie
littéralement “dans la dèche” — un clin d’œil aux débuts difficiles du groupe,
quand les finances étaient au plus bas et que le succès semblait hors de
portée. Pour un artiste qui perce, combien restent dans l’ombre après avoir tout
investi dans leur art ?
À l’image de Diabolo, ce joueur
d’harmonica qui faisait vibrer le métro parisien… Jusqu’au jour où Jacques
Higelin, chanteur, poète et figure emblématique de la scène française, le
croise par hasard. Séduit par son talent brut, Higelin l’embarque en tournée,
l’intègre à ses albums, et lui offre une scène.
Mark Knopfler, fondateur et
guitariste de Dire Straits, n’a jamais oublié ses propres galères. Et “You and
Your Friend”, même s’il reste volontairement ambigu, parle d’amitié, d’un lien
discret, peut-être fragile, mais sincère.
Une chanson qui ne s’impose pas —
elle s’insinue.
You and Your Friend est une invitation au silence, à l’écoute intérieure, à la douceur des liens invisibles.
Knopfler ne cherche pas à convaincre — il suggère, il insinue, il respire.
Et dans cette respiration, il nous rappelle que parfois, la musique ne doit rien expliquer.
Elle doit juste être là, comme une présence, une main posée sur l’épaule, un regard qui comprend sans parler.
🎼 Playlist 1 – titre 6 Tender surrender – Steve Vai
📀 Album : Alien Love Secrets (1995)
🏷️ Label : Relativity Records
🎼 Compositeur : Steve Vai
📍 Enregistré à : The Mothership Studio, Hollywood Hills
🎛️ Production : Produit, écrit et interprété par Steve Vai
🎙️ Interprètes principaux :
- Steve Vai : guitare, basse, claviers, harmonizer,
drum programming, production, ingénierie
- Deen Castronovo : batterie
🎹 Musiciens additionnels :
- Tommy Mars : orgue
📝 Note artistique :
Je n’ai pas choisi ce morceau pour sa technicité —
Je l’ai choisi pour son pouvoir de suspension, pour
cette guitare qui ne cherche pas à impressionner,
mais à faire fondre le temps, à ouvrir un portail
vers l’intime et l’infini.
Tender Surrender, c’est le souffle d’un Hendrix
réincarné dans les étoiles, c’est le romantisme électrique, le vibrato qui
pleure sans bruit, c’est le solo qui devient prière.
La guitare en lévitation
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une intro douce, presque timide, qui s’élève
progressivement vers l’extase
- Des envolées de guitare fluides, lyriques, presque
liquides
- Une structure libre, qui ne suit aucune règle —
sauf celle du ressenti pur
- Une émotion sans filtre, qui ne cherche pas à
convaincre, mais à toucher
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après la retenue de You and Your Friend, il
fallait oser l’abandon, l’émotion brute, et offrir à l’auditeur : “Voici ce que
la guitare peut dire… quand elle ne cherche plus à parler — mais à aimer.”
Steve Vai n’a jamais bénéficié d’une promotion
internationale à la hauteur de son talent.
Il reste un trésor caché, connu surtout des auditeurs
avertis — alors qu’il est l’un des guitaristes les plus accomplis de sa
génération. Formé par Joe Satriani (lui aussi discret malgré son génie), Vai a
fait ses armes auprès de Frank Zappa, un compositeur exigeant et visionnaire.
Ce “stage en entreprise” lui a permis de développer
une méthode de transcription en tablatures si précise qu’elle fut validée par
Zappa lui-même — ce qui n’est pas un mince exploit.
Mais Vai ne s’est pas contenté d’être un technicien.
Il a forgé un style unique, mêlant mélodies envoûtantes, phrasés prodigieux, et
une mise en scène chorégraphique de ses morceaux. Et Tender Surrender en est
l’exemple parfait : une envolée sensuelle, presque spirituelle, où chaque note
semble danser dans l’espace.
Sa complicité avec Zappa lui a aussi appris l’art de
la composition, la structure, la tension, le relâchement — autant d’éléments
qui font de lui un créateur complet, bien au-delà du shredder virtuose.
Tender Surrender n’est pas un morceau à écouter.
C’est un morceau à ressentir, à respirer, à laisser
entrer. Il ne cherche pas à impressionner — il cherche à élever.
Et dans cette suspension du temps, Steve Vai nous
rappelle que la guitare peut être un cœur qui bat, une voix qui aime, une âme
qui s’abandonne.
🎼 Playlist 1 – Morceau 7 : Cluster One -
📀 Album : The Division Bell (1994)
🏷️ Label : EMI (UK), Columbia (US)
🎼 Compositeur : David Gilmour, Richard Wright
📍 Enregistré à : Britannia Row, Astoria, Abbey Road & Metropolis
Studios (Londres), 1993
🎛️ Production : David Gilmour & Bob Ezrin
🎙️ Interprètes :
- David Gilmour – guitare, claviers, programmation
- Richard Wright – Claviers
- Nick Mason – batterie, percussions
📝 Note artistique :
🎵 L’éveil magnétique
Je n’ai pas choisi Cluster One pour sa popularité :
je l’ai choisi parce qu’il crée un espace, un temps, un vide habité. Une minute
de bruit électromagnétique ouvre le morceau, comme une pulsation venue
d’ailleurs, qui désoriente sans effrayer. Puis, très lentement, les premières
notes s’élèvent — non pas jouées, mais révélées, comme une pensée en gestation.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une ambiance ambient, presque new age,
- Des claviers qui dessinent des paysages invisibles,
- Une guitare sans ego, suspendue dans l’atmosphère,
- Un instrumental qui n’explique rien, mais imprègne
tout.
Un moment de pur “être”, où Pink Floyd ne raconte pas
— il respire.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après l’énergie vibrante de Tender
Surrender, il fallait créer une pause.
Une suspension dans le récit, un moment qui ne dit
rien, mais prépare tout et qui dit à l’auditeur :
“Voici le silence organisé — le calme avant la
prochaine onde.”
Pink Floyd n’est plus un mystère pour personne, mais
leur essence musicale reste insaisissable. Classés dans le rock progressif
psychédélique, oui — mais leur ADN est aussi fait de blues, de souffrance
douce, et de grandeur fragile.
Le nom du groupe est lui-même une trace de cet
héritage : Pink Anderson & Floyd Council, deux figures du blues.
Le morceau Cluster One prolonge cette filiation : une
conversation instrumentale entre Wright et Gilmour, qui ouvre The Division Bell
au moment où le groupe se reconstruit sans Roger Waters.
Wright, évincé puis revenu, retrouve ici son souffle.
Gilmour, maître du tempo lent et du phrasé liquide, s’efface autant qu’il
éclaire.
Cluster One n’est pas un morceau joué en public, et
c’est peut-être mieux ainsi. Il appartient aux espaces intérieurs.
À ceux qui écoutent pour entrer, non pour applaudir.
Il installe le silence conscient, celui qui n’est pas vide, mais plein de
possibles.
Et dans ce silence, Pink Floyd ne joue plus — il
veille.
🎼 Playlist 1 – Morceau 8 : Rajaz - Camel
📀 Album : Rajaz (1999)
🏷️ Label : Camel Productions
🎼 Auteur : Susan Hoover
🎼 Compositeur : Andrew Latimer, Susan Hoover
📍 Enregistré à : Angleterre
🎛️ Production : Andrew Latimer
🎙️ Interprètes principaux :
- Andrew Latimer – chant et guitares
- Colin Bass – basse
- Ton Scherpenzeel – claviers
- Dave Stewart – batterie
🎹 Musiciens additionnels :
- Barry Phillips – violoncelle
📝 Note artistique :
Treizième album studio du groupe Camel, Rajaz marque
un retour aux racines du rock progressif symphonique. Inspiré par la poésie
arabe et le rythme du pas du chameau, ce morceau incarne une forme de liberté
musicale rare, à contre-courant des standards imposés par l’industrie. Il
s’inscrit dans la lignée de pièces comme “Lady Fantasy”, où la durée et la
structure sont dictées par l’émotion, non par le format.
Le souffle du désert
Je n'ai pas choisi “Rajaz” pour sa complexité — je
l'ai choisi pour son pouvoir d’évocation.
Cette musique ne raconte pas une histoire, elle
suggère un voyage, une marche lente, une quête intérieure.
“Rajaz”, c’est la patience, la chaleur, la grandeur
sans ostentation. C’est le rythme du pas du chameau, transposé en rock
progressif.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une guitare claire, presque liquide, qui trace des
arabesques dans le silence
- Des claviers qui nappent l’espace comme un ciel
étoilé
- Une voix qui ne s’impose jamais, mais invite à
l’introspection
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après l’éveil cosmique de “Cluster One”, il
fallait un morceau qui marche lentement,
qui ne cherche pas à arriver, mais à ressentir chaque
pas.
Il dit à ses auditeurs : “Voici le souffle du désert
— le rythme qui ne presse pas, mais qui transforme.”
À l’instar de Pink Floyd, dont la célébrité n’est
plus à faire, Camel reste un joyau discret du rock progressif.
Chez Floyd, les fans se divisent par périodes :
- Les puristes de l’ère Syd Barrett
- Ceux qui décrochent après “Ummagumma” ou le départ
de Roger Waters
Chez Camel, ce sont les évolutions musicales qui ont
façonné les clivages.
Un morceau cristallise ce débat : “Lady Fantasy”. À
l’époque, les artistes jouissaient d’une liberté totale — un titre pouvait
occuper toute une face de vinyle. Aujourd’hui, cette liberté est souvent bridée
par les majors, sauf pour les groupes les plus rentables comme Yes ou King
Crimson.
Queen a vécu la même chose avec “Bohemian Rhapsody”,
initialement rejetée pour sa longueur.
Le public, lui, a tranché : le morceau est devenu un
hymne.
“Rajaz”, comme “Lady Fantasy”, s’inscrit dans cette
tradition de liberté musicale assumée.
Camel y déploie une écriture subtile, mélodique,
presque poétique — inspirée du rythme des pas des chameaux dans le désert.
“Rajaz” n’est pas un morceau que l’on écoute pour
être impressionné.
On l’écoute pour être transporté.
Il ne cherche pas à briller, mais à résonner.
Et dans cette playlist, il est le souffle lent qui
prépare à aller plus loin — sans précipitation, mais avec intensité.
🎼 Playlist 1 – Morceau 9 : Purple Rain -
📀 Album : Guitar Battle (1997)
🏷️ Label : Victor Entertainment (Japon)
🎼 Auteur : Prince Rogers Nelson
🎼 Compositeur : Prince Rogers Nelson
🎛️ Production : Produit par John Stix & Nat
Kusano / Mixé par Paul Orofino
🎙️ Interprètes principaux :
- Al Pitrelli – guitare
- Andy Timmons – guitare
- Brad Gillis – guitare
- John Petrucci – guitare
🎹 Musiciens additionnels :
- Danny Miranda – basse
- John O. Reilly – batterie
📝 Note artistique
Le cri des cordes en hommage
Je n'ai pas choisi Purple Rain pour sa popularité —
je l'ai choisi pour cette version, où quatre
guitaristes de légende reprennent le cri de Prince, non pas avec des mots, mais
avec des bends, des vibratos, des envolées lyriques.
C’est une reprise sans chant —mais chaque guitare
pleure, chaque chorus parle.
🎧 Ce que ce morceau incarne
Une montée progressive vers l’émotion brute.
Des chorus qui se répondent, se défient, se
complètent, et une intensité qui ne cherche pas à imiter Prince, mais à lui
rendre hommage par la grandeur du son.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après le souffle lent de Rajaz, il fallait
une catharsis, un cri maîtrisé, un morceau qui ne cache rien, mais offre tout.
Il dit à son auditeur :
“Voici le chagrin sublimé le chorus qui ne s’excuse
pas d’être immense.”
Purple Rain est bien plus qu’un simple morceau :
c’est un blues céleste, une confession électrique,
une œuvre qui a révélé le génie de Prince — aussi bien compositeur que
guitariste d’exception.
Dans cette reprise, quatre fines lames de la guitare
— Al Pitrelli, Andy Timmons, Brad Gillis et John Petrucci — s’unissent pour
magnifier ce classique. Chacun apporte sa couleur, son phrasé, son intensité,
et ensemble, ils créent une constellation sonore qui
transcende l’original.
Ce n’est pas rare que des guitaristes virtuoses se
regroupent pour des performances collectives. Le projet G3, initié par Joe
Satriani, en est un exemple emblématique : un line-up qui évolue, mais où
chaque musicien brille sans éclipser les autres.
J’ai choisi de proposer cette version car elle
renforce l’émotion, élargit le spectre, et donne à Purple Rain une nouvelle
dimension.
Dans le ciel, les étoiles se rapprochent pour former
des galaxies.
Sur scène, les stars de la guitare font de même — et
le résultat est cosmique.
🎼 Playlist 1 – Morceau 10 : Caruso - Neal Schon
📀 Album : Voice (2001)
🏷️ Label : Higher Octave Records
🎼 Auteur : Lucio Dalla
🎼 Compositeur : Lucio Dalla
📍 Enregistré à : Studio Amulet Music
🎛️ Production : David Foster & Gary Cirimelli
🎙️ Interprètes principaux :
- Neal Schon – guitare
- David Foster – piano acoustique
🎹 Musiciens additionnels :
- Gary Cirimelli – claviers, programmation, guitare
acoustique rythmique
- Scott Fuller – claviers
- Vinnie Colaiuta – batterie
📝 Note artistique :
Nommé aux Grammy Awards 2002 dans la catégorie Best
Pop Instrumental Album, Voice est un hommage instrumental à des classiques
vocaux.
Sur Caruso, Neal Schon ne joue pas — il chante avec
ses cordes. Chaque note est un souffle, chaque vibrato une larme. C’est une
voix sans voix, une aria électrique, pleine d’âme et de retenue.
Je n'ai pas choisi ce morceau pour sa virtuosité,
mais pour sa noblesse — pour cette intensité qui ne crie jamais, mais qui
touche toujours.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
Une mélodie poignante, transposée avec délicatesse et
respect.
Un piano discret, comme une main posée sur l’épaule.
Une batterie subtile, signée Vinnie Colaiuta.
Et surtout, une guitare qui ne cherche pas à dominer,
mais à accompagner l’émotion.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après la puissance collective de Purple
Rain, il fallait un moment de solitude lumineuse.
Un morceau qui ne parle pas — mais qui touche, qui
dit à son auditeur : “Voici l’opéra du silence — le chant d’un cœur qui n’a
besoin de personne pour vibrer.”
La voix derrière les cordes
À quinze ans, Neal Schon se retrouve face à un choix
que peu peuvent imaginer :
👉 Carlos Santana et Eric Clapton lui proposent chacun de les
rejoindre.
Il choisit Santana — et entre dans la légende. Il
participe à plusieurs albums du groupe, puis quitte la formation en embarquant
Gregg Rolie, claviériste de Santana, pour fonder avec lui Journey. Un groupe
qui, malgré ses pauses et ses mutations, deviendra une référence du rock
mélodique américain.
Mais Neal Schon ne s’arrête pas là.
Il explore, il collabore, il crée :
- En solo
- Avec Bad English
- Aux côtés de Jan Hammer, compagnon de route de Jeff
Beck
- Et dans des projets où sa guitare devient voix,
souffle, émotion
Un jeu entre ciel et feu
Son jeu de guitare évoque parfois Jimi Hendrix, dans
ses envolées lyriques et ses textures vibrantes.
Et pourtant, malgré ce parcours hors normes, son nom
reste discret pour le grand public. Un paradoxe que seul le monde du rock sait
cultiver : des géants cachés derrière des riffs inoubliables.
Dans Journey, il est entouré de musiciens tout aussi
méconnus mais brillants :
- 🥁 Aynsley Dunbar, puis Steve Smith
- 🎸 Ross Valory
- 🎤 Steve Perry, voix emblématique du
groupe qui a participé aux voix de USA for Africa.
“Caruso” — la guitare qui chante
Dans Voice, Neal Schon reprend des morceaux
emblématiques en version instrumentale.
Et sur Caruso, il ne joue pas — il pleure doucement.
Le morceau, hommage au ténor italien Enrico Caruso,
devient une aria sans mots, mais pleine de lumière.
Un chant du cœur, un opéra du silence.
Playlist 1 -- Morceau 11 : Ava Maria - Eric Johnson & Lori Stinson
📀 Album : Angelica (1997)
🏷️ Label : Atlantic Recording Corporation
🎼 Auteur : Franz Schubert (adaptation)
🎼 Compositeur : Franz Schubert
📍 Enregistré à : Blue Iron Gate Studios, Capitol Studios, The Hit
Factory, et autres lieux prestigieux
🎛️ Production : Clif Magness & Carole Bayer Sager
🎙️ Interprètes principaux :
- Lori Stinson – soprano
- Eric Johnson – guitare
🎹 Musiciens additionnels :
- Joe Travers – batterie
- Gary Cirimelli – claviers, programmation
- Chris Bellman – mastering
- Francis Buckley – mixage
📝 Note artistique :
Ava électrique et émotion lyrique
Il y a des rencontres musicales qui ne s’oublient
pas.
La première fois que j’ai entendu Eric Johnson,
c’était sur le premier album de Christopher Cross. Une seule intervention, mais
d’une intensité rare. Son jeu — précis, élégant, suspendu — m’a marqué.
Plus tard, je découvre son album solo : une pépite.
Son timbre est identifiable dès la première note,
proche du violon, doux mais puissant. Et sa rigueur artistique est telle qu’il
a brûlé les masters de son troisième album solo, les jugeant insuffisants.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une guitare méditative, qui soutient sans envahir
- Une voix cristalline, pleine de retenue et de
ferveur
- Une production qui respecte le silence autant que
le son
- Une prière sans dogme — juste une offrande musicale
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après l’intimité romantique de Caruso, il
fallait un moment de recueillement. Un morceau qui ne parle pas d’amour — mais
qui en est l’expression pure.
Il dit à son auditeur :
“Voici la lumière — celle qui ne vient pas du ciel,
mais du cœur.”
Dans Angelica, Eric Johnson s’associe à Lori Stinson.
Sa guitare ne cherche pas à briller — elle dialogue
avec la voix, la soutient, la provoque, parfois même la bouscule.
“Ave Maria” devient une conversation entre ciel et
terre, où l’électricité n’éteint pas la grâce, mais lui donne une nouvelle
intensité.
je n’ai pas choisi Ava Maria pour sa religiosité —
Je l’ai choisi pour sa pureté, pour son pouvoir de
suspension.
C’est une prière électrique, une lumière intérieure,
un instant de grâce dans une playlist qui ne cherche pas à convaincre — mais à
élever.
🎛️ Et comme un fil invisible entre les morceaux…
On retrouve ici Gary Cirimelli, déjà présent dans le
morceau précédent — Caruso de Neal Schon.
Sa touche discrète mais essentielle relie ces deux
instants suspendus :
dans Caruso, il façonne l’écrin sonore autour de la
voix,
dans Ave Maria, il tisse les textures électroniques
qui soutiennent la prière.
Deux morceaux, deux atmosphères, une même sensibilité
sonore. Cirimelli ne signe pas ses œuvres en majuscules — il les sublime en
silence.
🎼 Playlist – Morceau 12 : Exercises in Free Love - Freddie Mercury
📀 Album : The Freddie Mercury Album (1992)
🏷️ Label : Parlophone / EMI
🎼 Auteur : Freddie Mercury
🎼 Compositeurs : Freddie Mercury, Mike Moran
📍 Enregistré à : Londres, 1987 (initialement comme démo pour
Montserrat Caballé)
🎛️ Production : Freddie Mercury, Mike Moran, David Richards
🎙️ Interprètes principaux :
- Freddie Mercury – vocalisations en falsetto
- Mike Moran – piano, claviers
📝 Note artistique : La voix sans frontières
On croit connaître Freddie Mercury à travers les
hymnes flamboyants de Queen. On croit aussi savoir ce qu’était sa collaboration
avec Montserrat Caballé pour Barcelona. Mais Exercises in Free Love, morceau
rare et méconnu, déchire le rideau.
Il nous laisse entrevoir la pureté de sa démarche
artistique : une voix sans texte, mais pleine de sens.
Au départ, une esquisse lyrique, une recherche
intime. Freddie travaille seul, en artisan vocal, explorant les envolées
d’opéra sans paroles.
Plus tard, ces explorations nourriront Barcelona…
Mais cette version, il choisit de la conserver telle quelle — comme une pièce à
part, un exercice d’amour libre.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une ligne vocale en falsetto, inspirée du style
lyrique de Montserrat Caballé
- Un piano minimaliste, qui soutient sans contraindre
- Une ambiance suspendue entre démo intime et prière
sonore
- Une voix qui ne dit rien, mais qui ose tout
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après la lumière sacrée de Ava Maria, il
fallait un moment de recherche, un souffle libre.
Ce morceau ne se donne pas — il se découvre.
il dit à son auditeur : “Voici la voix dans sa forme
la plus libre — celle qui ne dit rien, mais qui révèle tout.”
- 🧠 Ce morceau révèle l’abnégation et
la rigueur artistique de Freddie Mercury, hors cadre, hors Queen
- 🎶 Il montre la fluidité entre pop
et opéra, une voix qui joue entre les genres
- 🔍 Il offre aux auditeurs la chance
d’entendre Freddie autrement — comme une étoile filante dans le cosmos de la
musique vocale
- 🎙️ Ce n’est pas une chanson, c’est
une méditation : une voix nue, offerte comme un souffle, sans décor — mais avec
toute la grâce du feu sacré
Exercises in Free Love est un moment suspendu. Un
fragment de pureté vocale, une esquisse devenue œuvre.
Il ne cherche pas à plaire — il cherche à dire
l’indicible. Et dans ce silence articulé, Freddie Mercury nous parle plus fort
que jamais.
🎼 Playlist 1 – Morceau 13 : Stairway to Heaven - Jimmy Page - Robert Plant
📀 Album : Page & Plant (live acoustique – Japan TV, 1994)
🏷️ Projet : No Quarter: Jimmy Page and Robert Plant Unledded
🎼 Auteur : Robert Plant
🎼 Compositeur : Jimmy Page
📍 Enregistré à : Japon, pour ANB News Station – diffusé le 11
novembre 1994
🎛️ Production : Arrangement acoustique inédit, jamais publié
officiellement
🎙️ Interprètes principaux :
- Jimmy Page – guitare acoustique
- Robert Plant – chant
🎹 Musiciens additionnels :
- Charlie Jones – basse
- Michael Lee – batterie
- Porl Thompson – guitare additionnelle
- Nigel Eaton – vielle à roue
- Ed Shearmur – claviers
- Egyptian Ensemble – percussions et cordes
orientales
📝 Note artistique :
La marche céleste des retrouvailles
On croit connaître Stairway to Heaven comme une
ballade mythique, celle qui a bercé des générations au rythme d’un slow
langoureux mais derrière cette mélodie emblématique se cachent deux noms
essentiels : Jimmy Page et Robert Plant, les architectes du son Led Zeppelin.
“Led Zeppelin” — un nom né d’une blague de Keith
Moon, devenu un monument du rock.
Après la disparition tragique de John Bonham, le
groupe s’est dissous…Mais Page et Plant, chacun ayant exploré des chemins
solos, se retrouvent dans les années 90 pour revisiter leur héritage, avec une
version acoustique et épurée de Stairway to Heaven.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
Une guitare acoustique qui remplace les envolées
électriques, une voix plus mature, plus posée,
et une ambiance épurée, presque méditative où le
mysticisme devient émotion brute.
Page, maître du silence et du crescendo, laisse à
Plant l’espace nécessaire pour respirer le chant.
Plant, fidèle à son instinct, réinvente
l’interprétation selon l’humeur, le lieu, l’instant. “Chaque version est une
marche différente vers le ciel — et celle-ci, acoustique, est une prière à voix
basse.”
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après les prières vocales de Exercises in
Free Love, il fallait revenir à la source, à la chanson qui a tout dit — sans
jamais tout expliquer, qui dit à son auditeur :
“Voici le mythe — mais cette fois, il est à hauteur
d’homme.”
Je n’ai pas choisi Stairway to Heaven pour sa
popularité — mais pour cette version, rare, acoustique, presque fragile, où
Page et Plant revisitent leur propre légende, non pas pour la glorifier, mais
pour la réhumaniser.
C’est une chanson qui a traversé les âges — mais ici,
elle se pose, elle respire, elle murmure.
Et plus tard, Jason Bonham rejoindra l’aventure,
reprenant les baguettes de son père, comme un fil de mémoire.
Sur la fréquence des légendes qui savent se
réinventer…sans se trahir.
🎼 Playlist 1 – Morceau 14 : Lady Godiva’s Room - Simply red
📀 Album : It’s Only Love (Compilation, 2000)
🏷️ Label : EastWest / Warner Strategic Marketing
🎼 Auteur : Mick Hucknall
🎼 Compositeur : Mick Hucknall
🎛️ Production : Mick Hucknall
🎙️ Interprètes :
- Mick Hucknall – chant, auteur-compositeur
- Fritz McIntyre – claviers, chœurs
- Tony Bowers – basse
- Chris Joyce – batterie
- Ian Kirkham – saxophone
- Sylvan Richardson – guitare
- Janet Ramus – chœurs
📝 Note artistique : La chambre où la voix devient confidence
Simply Red, groupe britannique mené par Mick
Hucknall, s’est imposé dans le paysage soul avec une élégance rare —
franchissant les frontières du genre pour s’installer dans un territoire
longtemps dominé par les voix américaines.
“Lady Godiva’s Room” n’est pas un hit. C’est une
pièce intime, feutrée, presque secrète.
Un murmure soul qui traverse le temps, où la voix ne
supplie pas — elle confesse.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- Une instrumentation minimaliste, soul et feutrée
- Une mélancolie douce, jamais pesante
- Une voix qui ne force jamais, mais suggère toujours
- Une atmosphère de désenchantement élégant
- Un lieu musical où le rêve ne s’effondre pas — il
s’éloigne doucement
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après la grandeur mythique de Stairway to
Heaven, il fallait revenir à l’intime. À la pièce où l’on se parle bas, où la
musique devient confidence et dit à son auditeur :
“Voici la chambre — celle où l’on ne joue pas pour le
public, mais pour soi.”
Ce morceau agit comme un pont fragile dans ma
playlist.
Il prolonge la ligne émotionnelle des titres
précédents et prépare l’oreille à la prochaine envolée.
C’est une respiration suspendue, un instant de vérité
musicale.
“Lady Godiva’s Room / The only place she ever played
in tune…”
— La pièce devient le seul lieu d’harmonie, comme si
l’amour ne pouvait exister qu’à huis clos.
Je ne l’ai pas choisi pour sa notoriété. Je l’ai
choisi pour sa justesse.
Et pour cette voix qui ne brille pas — mais qui
réchauffe.
🎼 Playlist 1 – Morceau 15 - Precious thing (Till thenext...somewhere) - Ray Charles & Dee Dee Bridgewater
📀 Album : Victim of love
🏷️ Label : Polydor
🎼 Auteur : Ronnie Bird
🎼 Compositeur : Pierre Papadiamandis
📍 Enregistré à : Marcadet Studios (Paris), PUK Studio (Danemark),
Studio Dames (Paris), Nidaros Studio (Norvège)
🎛️ 🎛️ Production : - Jean-Pierre Grosz
🎙️ Interprètes principaux :
- Dee Dee Bridgewater — chant
- Ray Charles — piano et chant
🎹 Musiciens et techniciens additionnels :
- Kjetil Bjerkestrand — claviers, programmation,
arrangements
- Steve Forward — mixage
📝 Note artistique :
Quand la soul devient confidence à deux voix
On ne présente plus Ray Charles, pilier absolu des
musiques afro-américaines — du jazz au gospel, du blues à la soul — et dont
l’héritage a traversé les décennies jusqu’à influencer le R’n’B contemporain.
À ses côtés, Dee Dee Bridgewater, grande voix du jazz
vocal, apporte une élégance feutrée, une sensibilité vibrante, et une présence
scénique magnétique.
“Precious Thing” n’est pas un simple duo — c’est une
conversation amoureuse, une caresse musicale, un murmure partagé.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- 🤝 Une complicité palpable, où les
voix se répondent avec tendresse
- 🎤 Un Ray Charles inhabituellement
fragile, presque chuchotant — une rareté bouleversante
- 💫 Une interprétation soul, douce et
profonde, qui transcende les genres
- 🕊️ Une émotion suspendue, comparable
à celle du duo avec Chaka Khan sous la direction de Quincy Jones
“Mais c’est plus, bien plus qu’un simple flirt…” — Et
tout est dit : ce morceau est une parenthèse sincère, un instant d’intimité
musicale.
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Ce titre s’inscrit parfaitement dans la lignée du
morceau précédent, prolongeant l’intensité affective, la chaleur vocale, et la
volonté de conclure ce premier voyage sur une note de douceur partagée.
Ce duo est une rareté dans la discographie de Ray
Charles, et une pépite dans celle de Dee Dee Bridgewater. Il incarne une forme
de soul mature, apaisée, presque méditative. Le morceau ne cherche pas à
impressionner — il cherche à toucher, à raconter, à partager.
La production est discrète, laissant toute la place
aux voix, qui se croisent, se soutiennent, se répondent. C’est une forme de
tendresse musicale, sans artifice.
Ce duo suspend le temps sans chercher à le figer. La
rencontre entre Dee Dee Bridgewater et Ray Charles ne cherche pas à conclure,
mais à ouvrir — sur l’intime, sur l’errance, sur ce qui reste à dire. Ce n’est
pas une fin, c’est une respiration dans le fil de la playlist, un point
d’équilibre avant que d’autres
🎼 Playlist 1 – Morceau 16 : Pour un rien - Ange
📀 Album : Vu d’un chien (1980)
🏷️ Label : Philips
🎼 Auteur : Christian Décamps
🎼 Compositeur : Francis Décamps
📍 Enregistré en France, Studio Miraval (Le Val (Var))
🎛️ Production : Ange / Philips
🎙️ Interprètes principaux :
- Voix : Christian Décamps
- Claviers : Francis Décamps
- Guitares : Robert Defer
- Batterie : Jean-Pierre Guichard
- Basse : Didier Viseux (dont le jeu sur le pont du
morceau est d’une justesse émotive rare)
🎹 Equipe technique :
Patrice Quef : ingénieur du son
Jean-Yves Pouilloux : assistant
Alain Verniau : conception et réalisation pochette
📝 Note artistique :
Le souffle avant le silence
Ce morceau n’est pas là pour conclure. Il est là pour
préparer, adoucir, rassembler.
C’est l’avant-dernier regard, celui qu’on jette avant
de fermer les yeux,
celui qui ne dit pas adieu, mais merci d’être resté
jusqu’ici.
“Pour un rien” est une offrande — un murmure qui ne
cherche pas à convaincre,
mais à consoler, à relier, à faire vibrer… pour
presque rien.
🎧 Ce que ce morceau incarne :
- 🕯️ Une ballade subtile, portée par
des nappes de claviers aériennes et mélancoliques
- 🎙️ Une voix de conteur, celle de
Christian Décamps, qui ne chante pas — il raconte
- 🎸 Une basse ronde et soupirante,
jouée par Didier Viseux, qui respire plus qu’elle ne joue
- 🎼 Une structure simple mais chargée
de feeling, comme un poème musical
💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?
Parce qu’après les envolées, les contrastes, les
secousses, il fallait un moment suspendu,
un petit rien qui ouvre le cœur pour que le dernier
morceau le referme doucement.
Ce n’est pas une conclusion — c’est une préface au
silence, une main tendue vers les émotions à venir.
Conclusion en murmure, promesse en silence
On dit souvent que le meilleur vient à la fin — mais
je me méfie des formules trop commodes.
Alors j’ai préféré une approche plus subtile :
offrir, dès les premières notes, l’intensité du frisson,
et garder en clôture ce petit rien qui vient apaiser,
récompenser, réouvrir doucement le cœur.
🎙️ Pour un rien – Pourquoi ce choix pour finir
- Une ballade modeste, angélique, qui ne cherche ni
bruit ni éclat
- Des claviers feutrés, une basse ronde, une voix
d’enfant qui n’a jamais voulu grandir
- Un groupe qui n’a jamais cessé de croire, d’aimer,
d’espérer — loin du tumulte, proche du vrai
Ce morceau ne dit pas “merci d’être resté jusqu’au
bout”… Il dit “je suis là pour ceux qui savent attendre le murmure après la
tempête.”
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