Playlist 1




Compil 1 sur YouTube 



Avant de faire entendre, il faut savoir ce qu’on veut dire. Et dans cette Playlist 1, chaque morceau est une pierre. Chaque annotation, un ciment. Le blog ne commence pas ici — il se construit.





 Fiche signalétique


🎼 Playlist 1Morceau 1 : Hotel California - The Eagles

📀 Album : Hell Freezes Over (1994)

🏷️ Label : Geffen Records

🎼 Auteur : Don Henley

🎼 Compositeurs : Don Felder, Don Henley, Glenn Frey

📍Studio d'enregistrement  Warner Bros. Studios, Burbank, Californie

🎛️ Production : Eagles & Elliot Scheiner

Diffusé dans le cadre du MTV Special, avril 1994

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Don Henley – chant principal, guitare acoustique, batterie

- Glenn Frey – guitares, claviers, chœurs

- Don Felder – guitares acoustiques, pedal steel, chœurs

- Joe Walsh – guitares acoustiques, slide, orgue, chœurs

- Timothy B. Schmit – basse, chœurs

 

🎹 Musiciens additionnels :

- John Corey – piano, guitare, chœurs

- Jay Oliver – orgue, claviers, piano

- Timothy Drury – claviers, chœurs

- Scott Crago – batterie, percussions

- Stan Lynch – percussions

- Paulinho Da Costa – percussions

- Gary Grimm – percussions


📝 Note artistique :

Une version acoustique mythique,

où chaque note est une respiration,

et chaque musicien — une pierre dans l’édifice sonore.

 

Quand l’enfer gèle, la beauté renaît

🎧 Ce que cette version incarne :

- 🎸 Une intro acoustique hypnotique, avec des percussions latines et des guitares en dialogue

- 🎙️ Une interprétation plus intime, où Don Henley chante comme s’il confiait un secret

- 🕯️ Une ambiance plus feutrée, plus cinématographique, qui donne au morceau une nouvelle profondeur

 

 

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Même si cette playlist revendique un espace pour les oubliés, les discrets, les invisibles des médias, elle commence par une étoile familière. Car pour que les voix marginales résonnent, il faut parfois les faire dialoguer avec celles qui ont marqué l’histoire.

Cette version acoustique de Hotel California est une renaissance : les Eagles, après des années de silence et de tensions, reviennent avec un morceau réinventé. Ils avaient dit qu’ils reviendraient “quand l’enfer gèlera” — et ils l’ont fait. Ce morceau devient un pied de nez à leur propre passé, une réinvention plus épurée, plus introspective, plus vraie.


Ce Hotel California n’est pas une redite : c’est une relecture.
Chaque instrument y prend le temps de respirer, chaque silence devient signifiant.
Les guitares se répondent comme des voix intérieures, les percussions latines ajoutent une chaleur inattendue, et la voix de Don Henley semble porter le poids du temps.
C’est une version qui regarde en arrière sans nostalgie, mais avec lucidité.
Elle transforme un classique en confession, une chanson en cinéma.


Un point de départ idéal pour une playlist qui veut faire entendre ce qu’on n’écoute plus.
Une étoile connue, mais qui éclaire autrement.
Un morceau qui prouve que même les géants peuvent revenir en murmurant — et que parfois, c’est dans le murmure que naît la vraie grandeur.


 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 2 : Guitar BoogieTommy Emmanuel

 

 

📀 Album : Little by Little (2010)

🏷️ Label : Favored Nations Acoustic / Sony Music Australia

🎼 Compositeur : Arthur Smith (1945)

📍 Enregistré à Azalea Music Studio & Omni Sound Studio, Nashville, Tennessee

🎛️ Production : Produit et mixé par Kim Person


 🎙️ Musiciens sur ce morceau :

- Tommy Emmanuel – guitare acoustique

- Victor Wooten – basse

- JD Blair – batterie

- Darrell Tibbs – percussions

 

📝 Note artistique :

Dans ce morceau, la guitare ne se contente pas de jouer — elle bondit, elle s’amuse, elle raconte. Guitar Boogie est une célébration du mouvement, une cavalcade acoustique où chaque note semble sourire. Tommy Emmanuel transforme une démonstration technique en moment de pur plaisir, prouvant que la virtuosité peut être légère, joyeuse, et communicative. C’est un morceau qui ne cherche pas à impressionner — il cherche à partager.


La guitare en roue libre

 

Guitar Boogie, c’est le swing des années 40 revisité par un extraterrestre du fingerpicking,

c’est la vitesse sans violence, la technique sans froideur,

c’est le sourire qui naît dès la première note.

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

Une cavalcade rythmique, où chaque note semble rebondir comme une balle en caoutchouc.

Un groove irrésistible, porté par la basse de Wooten et la batterie de Blair,

et surtout, la Maton de Tommy, qui claque, vibre, respire, danse.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après l’introspection feutrée de Hotel California, interprété par un groupe connu et reconnu il m'a semblé utile de présenter un artiste aussi prolifique et virtuose dans la même ambiance unplugged.

il fallait ouvrir les fenêtres, laisser entrer la lumière,

et dire à l’auditeur :

“Ici, on peut aussi s’amuser —

et l’amusement peut être virtuose.”

 

Dans un monde saturé d’effets numériques, la guitare acoustique semble parfois reléguée à l’arrière-plan. Et pourtant, Tommy Emmanuel, virtuose australien, nous rappelle qu’elle peut tout dire — et mieux que n’importe quel plugin.

Je l’ai découvert en première partie du groupe Ange, captivé par une reprise des Beatles… qui s’est révélée être deux morceaux parfaitement imbriqués.

Depuis, je ne l’ai plus quitté. Et quelle surprise de retrouver son CD non pas au rayon disques, mais dans l’espace Hi-Fi d’un magasin, utilisé comme étalon sonore.

Son ‘Guitar Boogie’ est plus qu’un morceau : c’est une démonstration, une fête, une leçon. Une preuve que la virtuosité peut être joyeuse, et que la guitare acoustique a encore beaucoup à dire.

 Tommy Emmanuel ne joue pas seulement de la guitare — il la raconte.

Et Guitar Boogie est son chapitre le plus joyeux, le plus bondissant, le plus contagieux.

Un morceau qui donne envie de taper du pied, de sourire, et de croire que la technique peut être au service du plaisir.


 

 

 

 

 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 3 : Bella - Carlos Santana

📀 Album : Blues for Salvador (1987)

🏷️ Label : CBS Records / Columbia

🎼 Compositeurs : Carlos Santana, Chester D. Thompson, Sterling Crew

📍 Enregistré aux Sound City Studios, Van Nuys, Californie

🎛️ Produit par Carlos Santana, Chester D. Thompson & Sterling Crew


🎙️ Interprètes principaux :

- Carlos Santana – guitare solo

- Chester D. Thompson – claviers

- Sterling Crew – claviers, synthétiseurs

- Alphonso Johnson – basse

- Graham Lear – batterie


🎹 Musiciens additionnels :

- Buddy Miles – chœurs

- Armando Peraza – percussions

- Orestes Vilató – timbales, flûte, percussions

 

📝 Note artistique :

🎸 La guitare qui murmure “je t’aime”

“Bella” est une caresse électrique, un souffle chaud sur les cordes.

Carlos Santana ne cherche pas à impressionner — il cherche à émouvoir.

Chaque note semble dire je t’aime sans un mot, avec une tendresse pudique.

C’est un cha-cha électrique, dédié à sa fille Stella, mais offert à tous ceux qui savent écouter le silence entre les notes.

  

🎧 Ce que ce morceau incarne :

Une mélodie simple, limpide, qui respire l’amour paternel.

Une guitare qui pleure doucement, qui sourit sans éclat,

et une production qui laisse l’espace au silence entre les notes.

- Une intimité musicale rare, loin des feux de la scène.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après le swing virtuose de Guitar Boogie, il fallait ralentir, respirer, revenir à l’essentiel.

“Bella” est un instant suspendu, un moment de pureté, offert pour un rien… ou pour tout.

C’est Carlos, non pas le guitar hero, mais le père, l'homme, le musicien intime.

Et dans ce choix, je refuse les stratégies consuméristes.

Je choisis la beauté.

Je choisis Bella.

 Toujours.

Et sur la fréquence des guitares qui parlent… sans jamais hausser le ton.

Tout le monde connaît Santana, le groupe. Mais ici, c’est Carlos, le père, le musicien intime, qui parle.

Dans ‘Blues for Salvador’, il dédie chaque note à ses enfants. Et dans ‘Bella’, il offre à sa fille Stella un cha-cha électrique, tendre et vibrant.

Ce morceau méconnu est une pépite cachée.

Il rappelle que la musique ne se mesure pas en clics, mais en intentions.

Santana y parle une langue universelle : celle de l’amour, de la douceur, de la mémoire.

Et dans cette guitare qui ne crie jamais, on entend la voix du cœur.


“Bella” est un souffle, une pause, une offrande.

Elle s’inscrit dans cette playlist comme un contrepoint émotionnel, une respiration nécessaire.

Et elle nous rappelle que parfois, la plus grande force réside dans la tendresse.


 


 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 4 : Curse of the TravellerChris Rea

 

📀 Album : Dancing with Strangers (1987)

🏷️ Label : Magnet Records (UK), Motown (US)

🎼 Compositeur : Chris Rea

📍 Enregistré à :

- Mountain Studios (Montreux, Suisse)

- Studio Miraval (Le Val, France)

- Hartmann Digital (Bavière, Allemagne)

🎛️ Production : Chris Rea (enregistrement partiellement réalisé dans son garage avec trois micros)

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Chris Rea – chant, guitare, slide guitar, claviers, synthétiseur, accordéon, production, mixage

- Kevin Leach – piano acoustique, orgue, Hammond

- Jerry Donahue – guitare solo

- Eoghan O’Neill – basse

- Martin Ditcham – batterie, percussions

- Davy Spillane – uilleann pipes, low whistle

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Robert Ahwai – guitare

- Max Middleton – claviers

- Dave Mattacks – batterie

- Adrian Rea – batterie

- Jean Jacques Lemoine – ingénieur

- Justin Shirley-Smith – ingénieur

- Jon Kelly – mixage

- Mark Entwistle – illustration de la pochette

- Shoot That Tiger! – design de la pochette

- Jim Beach – management

 

Ce morceau est une ballade mélancolique et puissante, qui évoque l’errance, le poids du destin, et la solitude du voyageur.

 

Le blues du cœur en cavale

 

Je n'ai pas choisi ce morceau pour sa virtuosité — mais pour son pouvoir d’évocation, pour cette voix fatiguée mais tenace, pour cette guitare qui trace une route dans la poussière, et pour ce texte qui parle de fuite, de loyauté, de solitude choisie. C’est le chant d’un homme qui ne s’est jamais vraiment arrêté — et qui ne sait pas s’il le veut.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

Une ambiance cinématographique, presque western.

Des nappes de claviers et de pipes irlandaises qui évoquent les grands espaces.

Une narration en forme de confession, où chaque couplet est une étape et où le refrain résonne comme une malédiction douce.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après la tendresse de Bella, il fallait un morceau qui parle de mouvement, mais aussi de l’impossibilité de se poser.

 

“Voici le blues du voyageur — celui qui ne cherche pas la destination, mais le frisson du départ.”

Et sur la fréquence des routes qui ne mènent nulle part… mais qui font vibrer.

 

Chris Rea a connu le succès avec quelques titres emblématiques, mais sa voix s’est peu à peu effacée du paysage audiovisuel. Ce silence n’est pas un mystère : il est lié à un combat discret contre un cancer du pancréas, dont il est sorti vivant mais affaibli. Les médias, souvent plus enclins à suivre les tendances qu’à raconter les trajectoires humaines, n’ont guère relayé cette épreuve ni son retour. Pourtant, Chris Rea est resté un bluesman authentique, un créateur à part entière. ‘Curse of the Traveller’, extrait de l’album Dancing with Strangers (1987), en est la preuve éclatante.

 

Ce morceau, à la fois mélodique et narratif, incarne l’errance, le doute, la solitude — mais aussi la beauté du voyage intérieur. C’est une chanson qui ne cherche pas à séduire, mais à dire. Et dans cette parole, il y a toute la grandeur discrète d’un artiste qu’il ne faut jamais oublier.

 

 

 

 

 

 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 5 : You and Your FriendDireStraits

 

📀 Album : On the Night (Live, 1993)

🏷️ Label : Vertigo Records

🎼 Auteur : Mark Knopfler

🎼 Compositeur : Mark Knopfler

📍 Enregistré à :

- Les Arènes de Nîmes (France), du 19 au 21 mai 1992

- Ahoy Rotterdam (Pays-Bas), du 29 mai au 1er juin 1992


🎛️ Production :

- Mark Knopfler

- Guy Fletcher

- Neil Dorfsman

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Mark Knopfler – chant, guitare

- John Illsley – basse, chœurs

- Alan Clark – claviers

- Guy Fletcher – claviers, chœurs

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Phil Palmer – guitare, chœurs

- Paul Franklin – guitare pedal steel

- Chris White – saxophone, flûte, percussions, chœurs

- Chris Whitten – batterie

- Danny Cummings – percussions, chœurs

 

📝 Note artistique :

 

Ce morceau, initialement issu de On Every Street (1991), prend une dimension plus intime et contemplative dans sa version live.

La guitare de Knopfler y est plus fluide, les silences plus expressifs, et l’ambiance plus feutrée, capturant l’essence du désir et de l’ambiguïté relationnelle.


 

La tendresse en filigrane

 

Je n'ai pas choisi ce morceau pour sa puissance — mais pour sa pudeur, pour son mystère, pour cette manière qu’a Knopfler de poser les mots comme des caresses, et de laisser la guitare parler quand les phrases s’arrêtent.

C’est une chanson qui ne demande rien — mais qui offre tout à ceux qui savent écouter doucement.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

 

- Une ambiance nocturne, feutrée, presque confidentielle

- Une guitare qui suggère, plutôt que de briller

- Un texte ouvert, presque ambigu, qui laisse place à l’interprétation

- Une interprétation live qui respecte le silence autant que le son


💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

 

Parce qu’après le blues du voyageur (Curse of the Traveller), il fallait un moment d’introspection, un morceau qui ne raconte pas une histoire — mais une sensation.

Il dit à son auditeur : “Voici un murmure — à toi de décider s’il te parle.”

 

 

 

 

Tout le monde connaît Dire Straits. Mais qui connaît vraiment la signification de leur nom ?

 

“Dire Straits” signifie littéralement “dans la dèche” — un clin d’œil aux débuts difficiles du groupe, quand les finances étaient au plus bas et que le succès semblait hors de portée. Pour un artiste qui perce, combien restent dans l’ombre après avoir tout investi dans leur art ?

 

À l’image de Diabolo, ce joueur d’harmonica qui faisait vibrer le métro parisien… Jusqu’au jour où Jacques Higelin, chanteur, poète et figure emblématique de la scène française, le croise par hasard. Séduit par son talent brut, Higelin l’embarque en tournée, l’intègre à ses albums, et lui offre une scène.

 

Mark Knopfler, fondateur et guitariste de Dire Straits, n’a jamais oublié ses propres galères. Et “You and Your Friend”, même s’il reste volontairement ambigu, parle d’amitié, d’un lien discret, peut-être fragile, mais sincère.

Une chanson qui ne s’impose pas — elle s’insinue.

You and Your Friend est une invitation au silence, à l’écoute intérieure, à la douceur des liens invisibles.

Knopfler ne cherche pas à convaincre — il suggère, il insinue, il respire.

Et dans cette respiration, il nous rappelle que parfois, la musique ne doit rien expliquer.

Elle doit juste être là, comme une présence, une main posée sur l’épaule, un regard qui comprend sans parler.

 

 

 

 

 

 

🎼 Playlist 1 – titre 6  Tender surrender  – Steve Vai

📀 Album : Alien Love Secrets (1995)

🏷️ Label : Relativity Records

🎼 Compositeur : Steve Vai

📍 Enregistré à : The Mothership Studio, Hollywood Hills

🎛️ Production : Produit, écrit et interprété par Steve Vai

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Steve Vai : guitare, basse, claviers, harmonizer, drum programming, production, ingénierie

- Deen Castronovo : batterie

🎹 Musiciens additionnels :

- Tommy Mars : orgue

 

📝 Note artistique :

Je n’ai pas choisi ce morceau pour sa technicité —

Je l’ai choisi pour son pouvoir de suspension, pour cette guitare qui ne cherche pas à impressionner,

mais à faire fondre le temps, à ouvrir un portail vers l’intime et l’infini.

Tender Surrender, c’est le souffle d’un Hendrix réincarné dans les étoiles, c’est le romantisme électrique, le vibrato qui pleure sans bruit, c’est le solo qui devient prière.

 

La guitare en lévitation

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- Une intro douce, presque timide, qui s’élève progressivement vers l’extase

- Des envolées de guitare fluides, lyriques, presque liquides

- Une structure libre, qui ne suit aucune règle — sauf celle du ressenti pur

- Une émotion sans filtre, qui ne cherche pas à convaincre, mais à toucher

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après la retenue de You and Your Friend, il fallait oser l’abandon, l’émotion brute, et offrir à l’auditeur : “Voici ce que la guitare peut dire… quand elle ne cherche plus à parler — mais à aimer.”

 

Steve Vai n’a jamais bénéficié d’une promotion internationale à la hauteur de son talent.

 

Il reste un trésor caché, connu surtout des auditeurs avertis — alors qu’il est l’un des guitaristes les plus accomplis de sa génération. Formé par Joe Satriani (lui aussi discret malgré son génie), Vai a fait ses armes auprès de Frank Zappa, un compositeur exigeant et visionnaire.

Ce “stage en entreprise” lui a permis de développer une méthode de transcription en tablatures si précise qu’elle fut validée par Zappa lui-même — ce qui n’est pas un mince exploit.

 

Mais Vai ne s’est pas contenté d’être un technicien. Il a forgé un style unique, mêlant mélodies envoûtantes, phrasés prodigieux, et une mise en scène chorégraphique de ses morceaux. Et Tender Surrender en est l’exemple parfait : une envolée sensuelle, presque spirituelle, où chaque note semble danser dans l’espace. 

 

Sa complicité avec Zappa lui a aussi appris l’art de la composition, la structure, la tension, le relâchement — autant d’éléments qui font de lui un créateur complet, bien au-delà du shredder virtuose.

 

Tender Surrender n’est pas un morceau à écouter.

 

C’est un morceau à ressentir, à respirer, à laisser entrer. Il ne cherche pas à impressionner — il cherche à élever.

Et dans cette suspension du temps, Steve Vai nous rappelle que la guitare peut être un cœur qui bat, une voix qui aime, une âme qui s’abandonne.

 

 


 

 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 7 : Cluster OnePINK FLOYD

 

📀 Album : The Division Bell (1994)

🏷️ Label : EMI (UK), Columbia (US)

🎼 Compositeur : David Gilmour, Richard Wright

📍 Enregistré à : Britannia Row, Astoria, Abbey Road & Metropolis Studios (Londres), 1993

🎛️ Production : David Gilmour & Bob Ezrin

🎙️ Interprètes :

- David Gilmour – guitare, claviers, programmation

- Richard Wright – Claviers

- Nick Mason – batterie, percussions

 

📝 Note artistique :

🎵 L’éveil magnétique

Je n’ai pas choisi Cluster One pour sa popularité : je l’ai choisi parce qu’il crée un espace, un temps, un vide habité. Une minute de bruit électromagnétique ouvre le morceau, comme une pulsation venue d’ailleurs, qui désoriente sans effrayer. Puis, très lentement, les premières notes s’élèvent — non pas jouées, mais révélées, comme une pensée en gestation.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- Une ambiance ambient, presque new age,

- Des claviers qui dessinent des paysages invisibles,

- Une guitare sans ego, suspendue dans l’atmosphère,

- Un instrumental qui n’explique rien, mais imprègne tout.

Un moment de pur “être”, où Pink Floyd ne raconte pas — il respire.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après l’énergie vibrante de Tender Surrender, il fallait créer une pause.

Une suspension dans le récit, un moment qui ne dit rien, mais prépare tout et qui dit à l’auditeur :

“Voici le silence organisé — le calme avant la prochaine onde.”

 

Pink Floyd n’est plus un mystère pour personne, mais leur essence musicale reste insaisissable. Classés dans le rock progressif psychédélique, oui — mais leur ADN est aussi fait de blues, de souffrance douce, et de grandeur fragile.

Le nom du groupe est lui-même une trace de cet héritage : Pink Anderson & Floyd Council, deux figures du blues.

Le morceau Cluster One prolonge cette filiation : une conversation instrumentale entre Wright et Gilmour, qui ouvre The Division Bell au moment où le groupe se reconstruit sans Roger Waters.

Wright, évincé puis revenu, retrouve ici son souffle. Gilmour, maître du tempo lent et du phrasé liquide, s’efface autant qu’il éclaire.

 

Cluster One n’est pas un morceau joué en public, et c’est peut-être mieux ainsi. Il appartient aux espaces intérieurs.

À ceux qui écoutent pour entrer, non pour applaudir. Il installe le silence conscient, celui qui n’est pas vide, mais plein de possibles.

Et dans ce silence, Pink Floyd ne joue plus — il veille.

 

 


 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 8 : Rajaz - Camel

📀 Album : Rajaz (1999)

🏷️ Label : Camel Productions

🎼 Auteur : Susan Hoover

🎼 Compositeur : Andrew Latimer, Susan Hoover

📍 Enregistré à : Angleterre

🎛️ Production : Andrew Latimer

 

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Andrew Latimer – chant et guitares

- Colin Bass – basse

- Ton Scherpenzeel – claviers

- Dave Stewart – batterie

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Barry Phillips – violoncelle

 

📝 Note artistique :

Treizième album studio du groupe Camel, Rajaz marque un retour aux racines du rock progressif symphonique. Inspiré par la poésie arabe et le rythme du pas du chameau, ce morceau incarne une forme de liberté musicale rare, à contre-courant des standards imposés par l’industrie. Il s’inscrit dans la lignée de pièces comme “Lady Fantasy”, où la durée et la structure sont dictées par l’émotion, non par le format.

 

 

Le souffle du désert

 

Je n'ai pas choisi “Rajaz” pour sa complexité — je l'ai choisi pour son pouvoir d’évocation.

Cette musique ne raconte pas une histoire, elle suggère un voyage, une marche lente, une quête intérieure.

 

“Rajaz”, c’est la patience, la chaleur, la grandeur sans ostentation. C’est le rythme du pas du chameau, transposé en rock progressif.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- Une guitare claire, presque liquide, qui trace des arabesques dans le silence

- Des claviers qui nappent l’espace comme un ciel étoilé

- Une voix qui ne s’impose jamais, mais invite à l’introspection

 

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après l’éveil cosmique de “Cluster One”, il fallait un morceau qui marche lentement,

qui ne cherche pas à arriver, mais à ressentir chaque pas.

Il dit à ses auditeurs : “Voici le souffle du désert — le rythme qui ne presse pas, mais qui transforme.”

 

 

À l’instar de Pink Floyd, dont la célébrité n’est plus à faire, Camel reste un joyau discret du rock progressif.

 

Chez Floyd, les fans se divisent par périodes :

- Les puristes de l’ère Syd Barrett

- Ceux qui décrochent après “Ummagumma” ou le départ de Roger Waters

 

Chez Camel, ce sont les évolutions musicales qui ont façonné les clivages.

Un morceau cristallise ce débat : “Lady Fantasy”. À l’époque, les artistes jouissaient d’une liberté totale — un titre pouvait occuper toute une face de vinyle. Aujourd’hui, cette liberté est souvent bridée par les majors, sauf pour les groupes les plus rentables comme Yes ou King Crimson.

 

Queen a vécu la même chose avec “Bohemian Rhapsody”, initialement rejetée pour sa longueur.

Le public, lui, a tranché : le morceau est devenu un hymne.

 

“Rajaz”, comme “Lady Fantasy”, s’inscrit dans cette tradition de liberté musicale assumée.

Camel y déploie une écriture subtile, mélodique, presque poétique — inspirée du rythme des pas des chameaux dans le désert.

 

“Rajaz” n’est pas un morceau que l’on écoute pour être impressionné.

On l’écoute pour être transporté.

Il ne cherche pas à briller, mais à résonner.

Et dans cette playlist, il est le souffle lent qui prépare à aller plus loin — sans précipitation, mais avec intensité.

 

 

 

 

 

 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 9 : Purple Rain - Al Pitrelli - Andy TimmonsBrad Gillis John Petrucci

📀 Album : Guitar Battle (1997)

🏷️ Label : Victor Entertainment (Japon)

🎼 Auteur : Prince Rogers Nelson

🎼 Compositeur : Prince Rogers Nelson

🎛️ Production : Produit par John Stix & Nat Kusano / Mixé par Paul Orofino

🎙️ Interprètes principaux :

- Al Pitrelli – guitare

- Andy Timmons – guitare

- Brad Gillis – guitare

- John Petrucci – guitare

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Danny Miranda – basse

- John O. Reilly – batterie

 

📝 Note artistique

 

Le cri des cordes en hommage

 

Je n'ai pas choisi Purple Rain pour sa popularité —

je l'ai choisi pour cette version, où quatre guitaristes de légende reprennent le cri de Prince, non pas avec des mots, mais avec des bends, des vibratos, des envolées lyriques.

C’est une reprise sans chant —mais chaque guitare pleure, chaque chorus parle.

 

🎧 Ce que ce morceau incarne

Une montée progressive vers l’émotion brute.

Des chorus qui se répondent, se défient, se complètent, et une intensité qui ne cherche pas à imiter Prince, mais à lui rendre hommage par la grandeur du son.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après le souffle lent de Rajaz, il fallait une catharsis, un cri maîtrisé, un morceau qui ne cache rien, mais offre tout.

Il dit à son auditeur :

“Voici le chagrin sublimé le chorus qui ne s’excuse pas d’être immense.”

 

Purple Rain est bien plus qu’un simple morceau :

c’est un blues céleste, une confession électrique, une œuvre qui a révélé le génie de Prince — aussi bien compositeur que guitariste d’exception.

 

Dans cette reprise, quatre fines lames de la guitare — Al Pitrelli, Andy Timmons, Brad Gillis et John Petrucci — s’unissent pour magnifier ce classique. Chacun apporte sa couleur, son phrasé, son intensité,

et ensemble, ils créent une constellation sonore qui transcende l’original.

 

Ce n’est pas rare que des guitaristes virtuoses se regroupent pour des performances collectives. Le projet G3, initié par Joe Satriani, en est un exemple emblématique : un line-up qui évolue, mais où chaque musicien brille sans éclipser les autres.

J’ai choisi de proposer cette version car elle renforce l’émotion, élargit le spectre, et donne à Purple Rain une nouvelle dimension.

 

Dans le ciel, les étoiles se rapprochent pour former des galaxies.

Sur scène, les stars de la guitare font de même — et le résultat est cosmique.

 

 

 


 

 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 10 : Caruso - Neal Schon

📀 Album : Voice (2001)

🏷️ Label : Higher Octave Records

🎼 Auteur : Lucio Dalla

🎼 Compositeur : Lucio Dalla

📍 Enregistré à : Studio Amulet Music

🎛️ Production : David Foster & Gary Cirimelli

 

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Neal Schon – guitare

- David Foster – piano acoustique

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Gary Cirimelli – claviers, programmation, guitare acoustique rythmique

- Scott Fuller – claviers

- Vinnie Colaiuta – batterie

 

📝 Note artistique :

Nommé aux Grammy Awards 2002 dans la catégorie Best Pop Instrumental Album, Voice est un hommage instrumental à des classiques vocaux.

 

Sur Caruso, Neal Schon ne joue pas — il chante avec ses cordes. Chaque note est un souffle, chaque vibrato une larme. C’est une voix sans voix, une aria électrique, pleine d’âme et de retenue.

 

Je n'ai pas choisi ce morceau pour sa virtuosité, mais pour sa noblesse — pour cette intensité qui ne crie jamais, mais qui touche toujours.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

Une mélodie poignante, transposée avec délicatesse et respect.

Un piano discret, comme une main posée sur l’épaule.

Une batterie subtile, signée Vinnie Colaiuta.

Et surtout, une guitare qui ne cherche pas à dominer, mais à accompagner l’émotion.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après la puissance collective de Purple Rain, il fallait un moment de solitude lumineuse.

Un morceau qui ne parle pas — mais qui touche, qui dit à son auditeur : “Voici l’opéra du silence — le chant d’un cœur qui n’a besoin de personne pour vibrer.”

 

La voix derrière les cordes

 

À quinze ans, Neal Schon se retrouve face à un choix que peu peuvent imaginer :

👉 Carlos Santana et Eric Clapton lui proposent chacun de les rejoindre.

 

Il choisit Santana — et entre dans la légende. Il participe à plusieurs albums du groupe, puis quitte la formation en embarquant Gregg Rolie, claviériste de Santana, pour fonder avec lui Journey. Un groupe qui, malgré ses pauses et ses mutations, deviendra une référence du rock mélodique américain.

 

Mais Neal Schon ne s’arrête pas là.

Il explore, il collabore, il crée :

- En solo

- Avec Bad English

- Aux côtés de Jan Hammer, compagnon de route de Jeff Beck

- Et dans des projets où sa guitare devient voix, souffle, émotion

 

 

Un jeu entre ciel et feu

 

Son jeu de guitare évoque parfois Jimi Hendrix, dans ses envolées lyriques et ses textures vibrantes.

Et pourtant, malgré ce parcours hors normes, son nom reste discret pour le grand public. Un paradoxe que seul le monde du rock sait cultiver : des géants cachés derrière des riffs inoubliables.

 

Dans Journey, il est entouré de musiciens tout aussi méconnus mais brillants :

- 🥁 Aynsley Dunbar, puis Steve Smith

- 🎸 Ross Valory

- 🎤 Steve Perry, voix emblématique du groupe qui a participé aux voix de USA for Africa.

 

 

“Caruso” — la guitare qui chante

 

Dans Voice, Neal Schon reprend des morceaux emblématiques en version instrumentale.

Et sur Caruso, il ne joue pas — il pleure doucement.

Le morceau, hommage au ténor italien Enrico Caruso, devient une aria sans mots, mais pleine de lumière.

Un chant du cœur, un opéra du silence.

 

 

 

 

 

 

 Playlist 1 -- Morceau 11 : Ava Maria - Eric Johnson & Lori Stinson

📀 Album : Angelica (1997)

🏷️ Label : Atlantic Recording Corporation

🎼 Auteur : Franz Schubert (adaptation)

🎼 Compositeur : Franz Schubert

📍 Enregistré à : Blue Iron Gate Studios, Capitol Studios, The Hit Factory, et autres lieux prestigieux

🎛️ Production : Clif Magness & Carole Bayer Sager

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Lori Stinson – soprano

- Eric Johnson – guitare

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Joe Travers – batterie

- Gary Cirimelli – claviers, programmation

- Chris Bellman – mastering

- Francis Buckley – mixage

 

📝 Note artistique :

Ava électrique et émotion lyrique

Il y a des rencontres musicales qui ne s’oublient pas.

La première fois que j’ai entendu Eric Johnson, c’était sur le premier album de Christopher Cross. Une seule intervention, mais d’une intensité rare. Son jeu — précis, élégant, suspendu — m’a marqué.

 

Plus tard, je découvre son album solo : une pépite.

Son timbre est identifiable dès la première note, proche du violon, doux mais puissant. Et sa rigueur artistique est telle qu’il a brûlé les masters de son troisième album solo, les jugeant insuffisants.

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- Une guitare méditative, qui soutient sans envahir

- Une voix cristalline, pleine de retenue et de ferveur

- Une production qui respecte le silence autant que le son

- Une prière sans dogme — juste une offrande musicale

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après l’intimité romantique de Caruso, il fallait un moment de recueillement. Un morceau qui ne parle pas d’amour — mais qui en est l’expression pure.

Il dit à son auditeur :

“Voici la lumière — celle qui ne vient pas du ciel, mais du cœur.”

 

Dans Angelica, Eric Johnson s’associe à Lori Stinson.

Sa guitare ne cherche pas à briller — elle dialogue avec la voix, la soutient, la provoque, parfois même la bouscule.

“Ave Maria” devient une conversation entre ciel et terre, où l’électricité n’éteint pas la grâce, mais lui donne une nouvelle intensité.

 

je n’ai pas choisi Ava Maria pour sa religiosité —

Je l’ai choisi pour sa pureté, pour son pouvoir de suspension.

C’est une prière électrique, une lumière intérieure, un instant de grâce dans une playlist qui ne cherche pas à convaincre — mais à élever.

 

 

🎛️ Et comme un fil invisible entre les morceaux…

On retrouve ici Gary Cirimelli, déjà présent dans le morceau précédent — Caruso de Neal Schon.

Sa touche discrète mais essentielle relie ces deux instants suspendus : 

dans Caruso, il façonne l’écrin sonore autour de la voix,

dans Ave Maria, il tisse les textures électroniques qui soutiennent la prière.

 

Deux morceaux, deux atmosphères, une même sensibilité sonore. Cirimelli ne signe pas ses œuvres en majuscules — il les sublime en silence.

 


 

 

🎼 Playlist – Morceau 12 : Exercises in Free Love - Freddie Mercury

📀 Album : The Freddie Mercury Album (1992)

🏷️ Label : Parlophone / EMI

🎼 Auteur : Freddie Mercury

🎼 Compositeurs : Freddie Mercury, Mike Moran

📍 Enregistré à : Londres, 1987 (initialement comme démo pour Montserrat Caballé)

🎛️ Production : Freddie Mercury, Mike Moran, David Richards

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Freddie Mercury – vocalisations en falsetto

- Mike Moran – piano, claviers

 

 

📝 Note artistique : La voix sans frontières

 

On croit connaître Freddie Mercury à travers les hymnes flamboyants de Queen. On croit aussi savoir ce qu’était sa collaboration avec Montserrat Caballé pour Barcelona. Mais Exercises in Free Love, morceau rare et méconnu, déchire le rideau.

 

Il nous laisse entrevoir la pureté de sa démarche artistique : une voix sans texte, mais pleine de sens.

Au départ, une esquisse lyrique, une recherche intime. Freddie travaille seul, en artisan vocal, explorant les envolées d’opéra sans paroles.

 

Plus tard, ces explorations nourriront Barcelona… Mais cette version, il choisit de la conserver telle quelle — comme une pièce à part, un exercice d’amour libre.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- Une ligne vocale en falsetto, inspirée du style lyrique de Montserrat Caballé

- Un piano minimaliste, qui soutient sans contraindre

- Une ambiance suspendue entre démo intime et prière sonore

- Une voix qui ne dit rien, mais qui ose tout

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après la lumière sacrée de Ava Maria, il fallait un moment de recherche, un souffle libre.

Ce morceau ne se donne pas — il se découvre.

 

il dit à son auditeur : “Voici la voix dans sa forme la plus libre — celle qui ne dit rien, mais qui révèle tout.”

 

- 🧠 Ce morceau révèle l’abnégation et la rigueur artistique de Freddie Mercury, hors cadre, hors Queen

- 🎶 Il montre la fluidité entre pop et opéra, une voix qui joue entre les genres

- 🔍 Il offre aux auditeurs la chance d’entendre Freddie autrement — comme une étoile filante dans le cosmos de la musique vocale

- 🎙️ Ce n’est pas une chanson, c’est une méditation : une voix nue, offerte comme un souffle, sans décor — mais avec toute la grâce du feu sacré

 

 

Exercises in Free Love est un moment suspendu. Un fragment de pureté vocale, une esquisse devenue œuvre.

Il ne cherche pas à plaire — il cherche à dire l’indicible. Et dans ce silence articulé, Freddie Mercury nous parle plus fort que jamais.

 


 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 13 : Stairway to Heaven - Jimmy Page - Robert Plant

📀 Album : Page & Plant (live acoustique – Japan TV, 1994)

🏷️ Projet : No Quarter: Jimmy Page and Robert Plant Unledded

🎼 Auteur : Robert Plant

🎼 Compositeur : Jimmy Page

📍 Enregistré à : Japon, pour ANB News Station – diffusé le 11 novembre 1994

🎛️ Production : Arrangement acoustique inédit, jamais publié officiellement

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Jimmy Page – guitare acoustique

- Robert Plant – chant

 

🎹 Musiciens additionnels :

- Charlie Jones – basse

- Michael Lee – batterie

- Porl Thompson – guitare additionnelle

- Nigel Eaton – vielle à roue

- Ed Shearmur – claviers

- Egyptian Ensemble – percussions et cordes orientales

 

 

📝 Note artistique :

La marche céleste des retrouvailles

On croit connaître Stairway to Heaven comme une ballade mythique, celle qui a bercé des générations au rythme d’un slow langoureux mais derrière cette mélodie emblématique se cachent deux noms essentiels : Jimmy Page et Robert Plant, les architectes du son Led Zeppelin.

 

“Led Zeppelin” — un nom né d’une blague de Keith Moon, devenu un monument du rock.

Après la disparition tragique de John Bonham, le groupe s’est dissous…Mais Page et Plant, chacun ayant exploré des chemins solos, se retrouvent dans les années 90 pour revisiter leur héritage, avec une version acoustique et épurée de Stairway to Heaven.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

Une guitare acoustique qui remplace les envolées électriques, une voix plus mature, plus posée,

et une ambiance épurée, presque méditative où le mysticisme devient émotion brute.

 

Page, maître du silence et du crescendo, laisse à Plant l’espace nécessaire pour respirer le chant.

Plant, fidèle à son instinct, réinvente l’interprétation selon l’humeur, le lieu, l’instant. “Chaque version est une marche différente vers le ciel — et celle-ci, acoustique, est une prière à voix basse.”

 

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après les prières vocales de Exercises in Free Love, il fallait revenir à la source, à la chanson qui a tout dit — sans jamais tout expliquer, qui dit à son auditeur :

“Voici le mythe — mais cette fois, il est à hauteur d’homme.”

 

 

Je n’ai pas choisi Stairway to Heaven pour sa popularité — mais pour cette version, rare, acoustique, presque fragile, où Page et Plant revisitent leur propre légende, non pas pour la glorifier, mais pour la réhumaniser.

C’est une chanson qui a traversé les âges — mais ici, elle se pose, elle respire, elle murmure.

Et plus tard, Jason Bonham rejoindra l’aventure, reprenant les baguettes de son père, comme un fil de mémoire.

 

Sur la fréquence des légendes qui savent se réinventer…sans se trahir.

 

 




 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 14 : Lady Godiva’s Room - Simply red

📀 Album : It’s Only Love (Compilation, 2000)

🏷️ Label : EastWest / Warner Strategic Marketing

🎼 Auteur : Mick Hucknall

🎼 Compositeur : Mick Hucknall

🎛️ Production : Mick Hucknall

 

🎙️ Interprètes :

- Mick Hucknall – chant, auteur-compositeur

- Fritz McIntyre – claviers, chœurs

- Tony Bowers – basse

- Chris Joyce – batterie

- Ian Kirkham – saxophone

- Sylvan Richardson – guitare

- Janet Ramus – chœurs

 

📝 Note artistique : La chambre où la voix devient confidence

 

Simply Red, groupe britannique mené par Mick Hucknall, s’est imposé dans le paysage soul avec une élégance rare — franchissant les frontières du genre pour s’installer dans un territoire longtemps dominé par les voix américaines.

“Lady Godiva’s Room” n’est pas un hit. C’est une pièce intime, feutrée, presque secrète.

Un murmure soul qui traverse le temps, où la voix ne supplie pas — elle confesse.

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- Une instrumentation minimaliste, soul et feutrée

- Une mélancolie douce, jamais pesante

- Une voix qui ne force jamais, mais suggère toujours

- Une atmosphère de désenchantement élégant

- Un lieu musical où le rêve ne s’effondre pas — il s’éloigne doucement

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après la grandeur mythique de Stairway to Heaven, il fallait revenir à l’intime. À la pièce où l’on se parle bas, où la musique devient confidence et dit à son auditeur :

“Voici la chambre — celle où l’on ne joue pas pour le public, mais pour soi.”

 

 

Ce morceau agit comme un pont fragile dans ma playlist.

Il prolonge la ligne émotionnelle des titres précédents et prépare l’oreille à la prochaine envolée.

C’est une respiration suspendue, un instant de vérité musicale.

 

“Lady Godiva’s Room / The only place she ever played in tune…” 

 

— La pièce devient le seul lieu d’harmonie, comme si l’amour ne pouvait exister qu’à huis clos.

Je ne l’ai pas choisi pour sa notoriété. Je l’ai choisi pour sa justesse.

Et pour cette voix qui ne brille pas — mais qui réchauffe.

 

 


 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 15 - Precious thing (Till thenext...somewhere) - Ray Charles & Dee Dee Bridgewater

📀 Album : Victim of love

🏷️ Label : Polydor

🎼 Auteur : Ronnie Bird

🎼 Compositeur : Pierre Papadiamandis

📍 Enregistré à : Marcadet Studios (Paris), PUK Studio (Danemark), Studio Dames (Paris), Nidaros Studio (Norvège)

 

🎛️ 🎛️ Production : - Jean-Pierre Grosz

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Dee Dee Bridgewater — chant

- Ray Charles — piano et chant 

 

 

🎹 Musiciens et techniciens additionnels :

- Kjetil Bjerkestrand — claviers, programmation, arrangements

- Steve Forward — mixage

 

 

📝 Note artistique :

Quand la soul devient confidence à deux voix

On ne présente plus Ray Charles, pilier absolu des musiques afro-américaines — du jazz au gospel, du blues à la soul — et dont l’héritage a traversé les décennies jusqu’à influencer le R’n’B contemporain.

À ses côtés, Dee Dee Bridgewater, grande voix du jazz vocal, apporte une élégance feutrée, une sensibilité vibrante, et une présence scénique magnétique.

“Precious Thing” n’est pas un simple duo — c’est une conversation amoureuse, une caresse musicale, un murmure partagé.

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- 🤝 Une complicité palpable, où les voix se répondent avec tendresse

- 🎤 Un Ray Charles inhabituellement fragile, presque chuchotant — une rareté bouleversante

- 💫 Une interprétation soul, douce et profonde, qui transcende les genres

- 🕊️ Une émotion suspendue, comparable à celle du duo avec Chaka Khan sous la direction de Quincy Jones

“Mais c’est plus, bien plus qu’un simple flirt…” — Et tout est dit : ce morceau est une parenthèse sincère, un instant d’intimité musicale.

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Ce titre s’inscrit parfaitement dans la lignée du morceau précédent, prolongeant l’intensité affective, la chaleur vocale, et la volonté de conclure ce premier voyage sur une note de douceur partagée.

 

Ce duo est une rareté dans la discographie de Ray Charles, et une pépite dans celle de Dee Dee Bridgewater. Il incarne une forme de soul mature, apaisée, presque méditative. Le morceau ne cherche pas à impressionner — il cherche à toucher, à raconter, à partager.

La production est discrète, laissant toute la place aux voix, qui se croisent, se soutiennent, se répondent. C’est une forme de tendresse musicale, sans artifice.

 

Ce duo suspend le temps sans chercher à le figer. La rencontre entre Dee Dee Bridgewater et Ray Charles ne cherche pas à conclure, mais à ouvrir — sur l’intime, sur l’errance, sur ce qui reste à dire. Ce n’est pas une fin, c’est une respiration dans le fil de la playlist, un point d’équilibre avant que d’autres  voix ne reprennent le relais.


 

 

🎼 Playlist 1 – Morceau 16 : Pour un rien - Ange

📀 Album : Vu d’un chien (1980)

🏷️ Label : Philips

🎼 Auteur : Christian Décamps

🎼 Compositeur : Francis Décamps

📍 Enregistré en France, Studio Miraval (Le Val (Var))

🎛️ Production : Ange / Philips

 

🎙️ Interprètes principaux :

- Voix : Christian Décamps

- Claviers : Francis Décamps

- Guitares : Robert Defer

- Batterie : Jean-Pierre Guichard

- Basse : Didier Viseux (dont le jeu sur le pont du morceau est d’une justesse émotive rare)

 

🎹 Equipe technique :

Patrice Quef : ingénieur du son

Jean-Yves Pouilloux : assistant

Alain Verniau : conception et réalisation pochette

 

📝 Note artistique :

Le souffle avant le silence

Ce morceau n’est pas là pour conclure. Il est là pour préparer, adoucir, rassembler.

C’est l’avant-dernier regard, celui qu’on jette avant de fermer les yeux,

celui qui ne dit pas adieu, mais merci d’être resté jusqu’ici.

“Pour un rien” est une offrande — un murmure qui ne cherche pas à convaincre,

mais à consoler, à relier, à faire vibrer… pour presque rien.

 

 

🎧 Ce que ce morceau incarne :

- 🕯️ Une ballade subtile, portée par des nappes de claviers aériennes et mélancoliques

- 🎙️ Une voix de conteur, celle de Christian Décamps, qui ne chante pas — il raconte

- 🎸 Une basse ronde et soupirante, jouée par Didier Viseux, qui respire plus qu’elle ne joue

- 🎼 Une structure simple mais chargée de feeling, comme un poème musical

 

 

💡 Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

Parce qu’après les envolées, les contrastes, les secousses, il fallait un moment suspendu,

un petit rien qui ouvre le cœur pour que le dernier morceau le referme doucement.

Ce n’est pas une conclusion — c’est une préface au silence, une main tendue vers les émotions à venir.

 

 

Conclusion en murmure, promesse en silence

On dit souvent que le meilleur vient à la fin — mais je me méfie des formules trop commodes.

Alors j’ai préféré une approche plus subtile : offrir, dès les premières notes, l’intensité du frisson,

et garder en clôture ce petit rien qui vient apaiser, récompenser, réouvrir doucement le cœur.

 

 

🎙️ Pour un rien – Pourquoi ce choix pour finir

- Une ballade modeste, angélique, qui ne cherche ni bruit ni éclat

- Des claviers feutrés, une basse ronde, une voix d’enfant qui n’a jamais voulu grandir

- Un groupe qui n’a jamais cessé de croire, d’aimer, d’espérer — loin du tumulte, proche du vrai

Ce morceau ne dit pas “merci d’être resté jusqu’au bout”… Il dit “je suis là pour ceux qui savent attendre le murmure après la tempête.”

 

 



💡 Philosophie d’écoute

Pas de crescendo forcé.

Pas de climax stratégique.

Juste une suite de morceaux choisis pour leur pouvoir d’invitation — leur capacité à garder l’oreille fidèle. Même si un titre ne touche pas, les précédents ont semé l’envie de croire, et les suivants pourraient bien révéler l’évidence qu’on n’attendait pas.

Ce n’est pas une playlist pour impressionner. C’est une séquence pour rassurer, frémir, respirer. Libre.

Peut-être que cette succession de noms, de détails et d’anecdotes vous paraîtra superflue — et c’est compréhensible, surtout si vous avez longtemps été guidés par des animateurs de radio ou des dirigeants de médias mandatés par les majors pour vous séduire et vous vendre ce qu’ils ont décidé pour vous avec des ficelles invisibles, héritées de l’endoctrinement et tissées dans les interstices du subliminal.

Mais à partir de maintenant, c’est à vous de prendre le pouvoir, de décider de ce qui est bon pour vous. 

Et tout ce qui vous semble de trop dans mes écrits… c’est justement la matière qui vous rend la maîtrise de vos goûts.

🎧 Certains détails, jugés futiles, ont pourtant permis de fantastiques découvertes.

Comme les débuts d’Alan Parsons, longtemps resté dans l’ombre en tant que technicien de studio. Peu savent qu’il faisait partie de l’équipe d’Abbey Road, qu’il a contribué à certains des meilleurs albums des Beatles, et qu’il fut l’ingénieur du son de Pink Floyd pour The Dark Side of the Moon — Money, Time, Us and Them… Ce n’est donc pas un hasard si son premier single fut Eye in the Sky.
C’est un petit rien de vous apporter ces éclairages — mais pour moi, c’est une récompense.
Car mes investigations me permettent d’en apprendre encore plus.

En rédigeant cette page, j’ai découvert que Tommy Emmanuel était accompagné par le bassiste renommé Victor Wooten sur Guitar Boogie.

Que deux morceaux de cette playlist — Caruso et Ave Maria, interprétés respectivement par Neal Schon et Eric Johnson en duo avec Lori Stinson — étaient tous deux accompagnés au clavier par Gary Cirimelli.

Et j’essaie aussi d’imaginer des images où la symbolique fait partie intégrante de ce qu’elles proposent.
Ainsi, lorsque Frank Zappa jette un œil admiratif à Steve Vai depuis son nuage, cela signifie qu’il est fier de son guitariste — et qu’il l’observe encore, même après sa mort (Eye in the sky) !!!




Commentaires

Articles les plus consultés