JAN HAMMER
“Je voulais que le synthétiseur parle comme une guitare.”
« Je veux que mes synthétiseurs pleurent, rient et respirent comme des humains. »
Jan Hammer est le pionnier tchèque qui a redéfini le rôle du synthétiseur dans le jazz-fusion et le rock, le transformant d'un instrument d'accompagnement en une voix soliste virtuose, capable de dialoguer d'égal à égal avec les plus grands guitaristes du monde. Compositeur, claviériste et pionnier du synthétiseur soliste, Jan Hammer a tissé, de Mahavishnu à Miami Vice, son empreinte sonore reconnaissable entre toutes.
Collaborateurs de session
- Fernando Saunders – basse – Jan Hammer Group
- Tony Smith – batterie – Jan Hammer Group
- Colin Hodgkinson – basse – tournées régulières
- Steve Kindler – violon – Mahavishnu puis Hammer Group
- David Earle Johnson – percussions – sessions et tournées Hammer
- Rick Laird – basse – Mahavishnu Orchestra
- Jerry Goodman – violon – Mahavishnu Orchestra
- Billy Cobham – batterie – Mahavishnu Orchestra
- John McLaughlin – guitare – Mahavishnu Orchestra (leader, mais Hammer intégré)
- Moogy Klingman – claviers – sessions Hammer Group
- Glen Velez – percussions – tournées Hammer
- Eliane Elias – claviers – collaborations studio Hammer
- Jan Hammer Jr. – batterie – apparitions ponctuelles dans le cadre familial
Musiciens additionnels (tournées & lives majeurs)
- Steve Smith – batterie
- Tony Williams – batterie (Mahavishnu Orchestra)
- John Abercrombie – guitare
Collaborations et groupes
- Mahavishnu Orchestra – claviériste – 1971–1973
- Jan Hammer Group – leader – 1976–1980
- Jeff Beck – duo studio et live – 1976–1980
- Neal Schon – projet “Untold Passion” – 1981
- David Gilmour – guitare (projets ponctuels)
Biographie concise
Né en 1948 à Prague en Tchécoslovaquie, Jan Hammer qui est issu d'une famille de musiciens (sa mère était chanteuse et son père médecin et musicien) est formé au piano dès l'âge de quatre ans et reçoit une formation classique rigoureuse avant d’émigrer aux États-Unis en 1968 après l'invasion soviétique de Prague. Diplômé du Berklee College of Music de Boston, il devient rapidement une figure centrale du jazz fusion en travaillant avec Elvin Jones et Sarah Vaughan et en rejoignant le Mahavishnu Orchestra qu'il co-fonde avec John McLaughlin pour devenir une figure centrale de l'émergence du jazz-rock. Il développe une approche unique du synthétiseur, le traitant comme un instrument soliste à part entière. Après Mahavishnu, il forme le **Jan Hammer Group**, explorant un son fusion plus rock et électronique Dans les années 1980, Son ascension culmine alors qu'il compose la bande originale de la série Miami Vice, devenant l’un des rares compositeurs de télévision à atteindre les sommets des charts. Sa carrière est marquée par une volonté constante d’expérimentation et d’indépendance sonore.
Techniques & matériel (signature sonore)
- Mini Moog – synthétiseur lead avec pitch bend expressif. Il est le premier à avoir pleinement exploité la molette de *pitch bend* pour émuler le vibrato et le *bending* d'une guitare électrique. Cette technique donne au synthétiseur un son incroyablement expressif et vocal, le plaçant au centre de l'arrangement, et non plus en arrière-plan.
- Synth-Guitar : Hammer utilisait fréquemment des contrôleurs de guitare (comme le LinnDrum) pour déclencher ses synthés, lui permettant de jouer des lignes de *lead* à une main pendant que l'autre gérait la basse ou la programmation.
- Basse Synthétique : Il assurait souvent lui-même les parties de basse, soit avec les pieds (pédales Moog Taurus), soit avec un clavier dédié, libérant ainsi les autres musiciens (notamment pour l'album *Untold Passion*).
- Matériel Clé : ARP Odyssey, Oberheim OB-X, et bien sûr le Moog Minimoog.
- Moog Bass – basse synthétique
- Delay analogique – pour les dialogues clavier/guitare
- Configuration live : claviers en arc, pilotage simultané
Style & influences
Jan Hammer explore le jazz fusion, le rock progressif, l’électro cinématographique et la musique télévisuelle. Influencé par Miles Davis, Jimi Hendrix et les compositeurs classiques, il fusionne virtuosité technique et expressivité timbrale. Son style évolue du jazz électrique vers une musique plus narrative et visuelle, notamment avec Miami Vice. Le style de Jan Hammer est une synthèse explosive de sa formation classique (lisibilité mélodique, architecture des pièces), de l'improvisation du **Jazz** (complexité harmonique héritée de Miles Davis et de son travail avec Elvin Jones), et de l'énergie du **Rock Progressif** et du **Rock Fusion**. Il a été fortement inspiré par le guitariste **Jeff Beck**, son collaborateur régulier, et a cherché à atteindre la même expressivité bluesy avec son synthétiseur. Son évolution stylistique s'est ensuite dirigée vers le domaine de la **musique électronique cinématographique**, où sa capacité à créer des ambiances tendues et futuristes a fait merveille, notamment dans les années 80.
Discographie officielle
Albums studio
- The First Seven Days – 1975
- Oh Yeah? (Jan Hammer Group) – 1976
- Untold Passion (avec Neal Schon) – 1981
- Escape from Television – 1987
- Drive – 1988
- Beyond the Mind's Eye – 1992
Albums live
- Jeff Beck with the Jan Hammer Group Live – 1977
Compilations & coffrets (sélection)
- Jan Hammer: The Best of Miami Vice – 1987
- Miami Vice: The Complete Collection – 2002
- The Definitive Jan Hammer – 2002
- The Ultimate Collection* – 2006
Morceaux phares (repères rapides)
- Birds of Fire – Mahavishnu Orchestra – Birds of Fire (1973)
- Don’t You Know – The First Seven Days – 1975
- Star Cycle – Jeff Beck Group Live – 1977
- Sister Andrea – Jeff Beck/Jan Hammer Group – Jeff Beck with the Jan Hammer Group Live (1977)
- Untold Passion – Untold Passion – 1981
- Miami Vice Theme – *Miami Vice* Soundtrack – (1985)
- Crockett’s Theme – Escape from Television – 1987
Récompenses & reconnaissances
- Rolling Stone Europe – Album of the Year (“Untold Passion”) – 1981
- ASCAP Award – Compositeur de télévision – 1985
- Grammy Award – Meilleure composition instrumentale pop ("Miami Vice Theme") – 1986
- Grammy Award – Meilleure performance instrumentale jazz fusion (Pour une piste de l'album de Jeff Beck, *Flash*) – 1986
- Emmy Awards – Plusieurs nominations pour son travail sur les bandes originales de séries télévisées.
- Claviériste de l'année – Lauréat fréquent dans les sondages des lecteurs de magazines spécialisés (*Keyboard Magazine*) durant les années 70 et 80.
Anecdotes & faits marquants
- Premier compositeur de télévision à entrer dans le Billboard Hot 100 avec un thème instrumental
- Refus de tourner avec Mahavishnu après 1973 pour préserver son autonomie créative
- Création d’un studio personnel pour maîtriser chaque étape de la production. Il a composé et enregistré une grande partie de ses œuvres (y compris *Miami Vice*) dans son propre studio isolé, le **Red Gate Studio**, dans l'État de New York, assurant un contrôle total sur sa production sonore.
- Le Refus de la Synthèse Numérique : Hammer est resté un fervent défenseur des synthétiseurs analogiques. Il a résisté à la mode du DX7 de Yamaha des années 80, préférant l'expressivité brute et organique des machines Moog.
- Multitâche Instrumental : Sur de nombreux enregistrements solo, y compris des sections de *Untold Passion*, Hammer jouait tous les instruments (claviers, basse, percussions électroniques) lui-même, démontrant une maîtrise et une vision de composition complètes.
Influence & héritage
L'héritage de Jan Hammer est double. D'une part, il est une figure tutélaire du **Jazz-Fusion**, son travail avec Mahavishnu ayant établi les normes du genre. D'autre part, il a été un pionnier de la **musique électronique et du *Synth-Rock*** en faisant du synthétiseur un instrument *lead* capable de l'expressivité d'une guitare électrique. Des compositeurs de bandes originales aux claviéristes de rock progressif, tous lui doivent sa capacité à créer des mélodies fortes et des timbres dynamiques. Jan Hammer a influencé des générations de claviéristes, notamment Jordan Rudess (Dream Theater) et Derek Sherinian. Il a redéfini le rôle du synthétiseur comme voix principale, et son travail sur Miami Vice a ouvert la voie à une musique télévisuelle plus audacieuse et narrative.
Liens internes
- Article morceau : Untold Passion
- Playlist : Playlist 2
Ressources externes
- Site officiel : janhammer.com
- Discographie détaillée AllMusic - Jan Hammer Discography
- Biographie générale : Wikipedia – Jan Hammer
- Chaîne YouTube officielle : Jan Hammer Official
Parcours & connexions
Connexions cachées / Line-up à la loupe
Jan Hammer possède un talent unique pour s'intégrer dans des contextes très différents, allant du Jazz le plus exigeant au Rock le plus commercial. Sa connexion avec Neal Schon est un excellent exemple de son rôle de "pont" : il prend un guitariste de Rock Arena et l'emmène vers la Fusion (avec *Untold Passion*), puis il travaille avec Jeff Beck pour l'emmener vers des territoires plus électroniques (*Wired*). Son réseau, passant par le batteur Billy Cobham et le bassiste Tony Levin, fait de lui un pivot central des musiques instrumentales des années 70 et 80, un "collaborateur de l'ombre" dont le son a défini la décennie. Ces connexions révèlent une cartographie de la fusion des années 1970–1980, où les claviers deviennent des voix solistes à part entière.
Concert intégral en vidéo
Jan Hammer Tony Williams Group - Live at Montreal Jazz Festival 1991
Performances légendaires en vidéo
Jeff Beck w/ Jan Hammer Live At The Hollywood Bowl - Star Cycle
Approche scénique
L'approche scénique de Jan Hammer était minimaliste mais intense. Centré autour de ses claviers, il se distinguait par son incroyable énergie, jouant souvent de plusieurs instruments (claviers, pédales de basse, percussions) simultanément, seul ou en petit comité. Son jeu était physique, mimant les gestes d'un guitariste pour animer son Minimoog. Contrairement à d'autres claviéristes, son *focus* n'était pas sur la mise en scène visuelle, mais sur la démonstration technique et l'expressivité émotionnelle de l'instrument.
Éthique de travail & production
Autonome, perfectionniste, Jan Hammer compose, enregistre et produit dans son propre studio. Il refuse les compromis commerciaux et travaille par cycles, souvent en retrait des projecteurs. Son rythme de création est dicté par la recherche sonore, non par les calendriers industriels. Il privilégie la maîtrise totale du signal — de la composition à la post-production.
Hammer est réputé pour son éthique de travail de "l'homme-orchestre" et son autonomie totale. Après ses années en groupe, il a souvent composé, arrangé, produit et joué la majorité des instruments sur ses albums solo et ses bandes originales, notamment dans son studio personnel (Red Gate). Cette approche, qui contrôle chaque aspect de la production, est la clé de la cohérence et de la signature sonore cristalline de son œuvre. Son travail pour *Miami Vice* était célèbre pour sa rapidité d'exécution, devant livrer de la musique originale pour chaque épisode en un temps record.
Vision artistique
Sa philosophie musicale repose sur l’idée que le synthétiseur peut devenir une voix humaine. Il cherche à abolir la frontière entre instrument et émotion, entre technique et ressenti. Pour Hammer, la musique est un langage pur — et le silence autour de ses œuvres est une forme de respect. Il ne cherche pas à être vu, mais à être entendu.
Sa vision artistique repose sur la conviction que la technologie (le synthétiseur) est un simple prolongement du cœur humain. Il a refusé que l'électronique sonne de manière froide ou mécanique. Sa philosophie était de rendre le synthétiseur aussi expressif qu'un violon ou une guitare, un véritable instrument soliste capable de véhiculer une "passion indicible".
Conclusion
Jan Hammer n'est pas seulement un claviériste ; il est l'un des plus grands traducteurs de l'histoire de la musique, ayant réussi à traduire l'âme du jazz et l'énergie du rock dans le langage de l'électronique. Son héritage se mesure non seulement par ses succès (les Grammys, *Miami Vice*), mais par la façon dont il a transformé un outil technologique en une voix humaine. De ses années Mahavishnu à sa collaboration avec Neal Schon sur "Untold Passion" — où l'unisson guitare/synthé devient l'ultime dialogue instrumental — Hammer incarne la virtuosité au service de l'émotion. Il est, à juste titre, un profil de l'ombre dont l'œuvre a défini le son d'une époque.
C'est une figure de l’ombre lumineuse. Claviériste virtuose, compositeur visionnaire, il a redéfini le rôle du synthétiseur dans la musique moderne. Son parcours traverse les genres sans jamais s’y enfermer. De Mahavishnu à Miami Vice, de Jeff Beck à Neal Schon, il incarne une passion musicale qui ne s’explique pas — elle se ressent. Le blog choisit de transmettre son œuvre comme elle se présente : sans filtre, sans détour, dans son intensité brute. Jan Hammer ne cherche pas l’écho — il offre le signal.









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