JAN AKKERMAN
« Le public en direct crée une tension et une responsabilité qui poussent à la créativité, et c'est ce défi que j'apprécie. »
Guitariste virtuose néerlandais, élu "Meilleur guitariste du monde" en 1973 par Melody Maker, co-fondateur de Focus et pionnier du jazz-rock fusion. Une légende discrète qui a toujours privilégié l'authenticité artistique à la surexposition médiatique. C'est une figure majeure de la fusion progressive, célèbre pour son travail au sein de Focus et sa carrière solo éclectique qui oscille entre rock, jazz, blues et musique classique.et médiévale.
Partenaires réguliers
Focus (1969-1976, réunions ponctuelles)
- Thijs van Leer – claviers (orgue Hammond), flûte traversière, chant
- Pierre van der Linden – batterie (1970-1973, 1975)
- Cyril Havermans – basse (1970-1971)
- Bert Ruiter – basse (1971-1976)
- Colin Allen – batterie (1973-1975)
Musiciens récurrents solo (tournées & albums)
- Jasper van't Hof – claviers (albums des années 70-80)
- Joachim Kühn – claviers (Pleasure Point, 1982)
- Hans Waterman – batterie (Pleasure Point et autres)
- Pablo Nahar – basse (années 80)
- Cees van der Laarse – basse (Montreux 1978, années 70-80)
- Kaz Lux – chant (album Eli, 1976)
- Marijn van den Berg – batterie (tournées récentes 2020s)
- David de Marez Oyens – basse (tournées récentes 2020s)
- Coen Molenaar – claviers (tournées récentes 2020s)
- Tim Bogert – Basse (Album Jan Akkerman 3)
- Carmine Appice – Batterie (Album Jan Akkerman 3)
- Bruno Castelucci – Batterie (Album Jan Akkerman)
Collaborations et groupes
- Johnny and his Cellar Rockers – premier groupe – 1958-1963
- The Hunters – groupe instrumental – 1963-1967
- Brainbox – rock – 1969
- Focus – Rock progressif/Jazz fusion (1969-1976, puis réunions sporadiques)
- Claus Ogerman – Arrangeur (Album Aranjuez, 1978)
- My Brainbox – reformation – 2012
- Collaborations diverses : Jack Bruce, Charlie Byrd, Phil Collins, Paco de Lucía, Ice-T, B.B. King, Peter Banks, Alan Price, Herman Brood, André Hazes et Tony Scott
- Forcefield avec Cozy Powell
Biographie concise
Né le 24 décembre 1946 à Amsterdam, Jan Akkerman est le fils d'un ferrailleur. Il grandit dans une famille musicale où son père jouait de la clarinette et de la trompette. Dès l'âge de trois ans, il découvre la musique en jouant de l'accordéon, avant de se tourner vers la guitare à l'âge de cinq ans. À dix ans, il prend des cours de guitare formels et, à treize ans seulement, son premier single avec le Friendship Sextet est publié en 1960.
Akkerman obtient une bourse pour étudier à l'Amsterdam Music Lyceum pendant cinq ans, où il développe ses compétences en composition et arrangement. À quatorze ans, il forme Johnny and his Cellar Rockers avec son ami d'enfance Pierre van der Linden à la batterie. Les deux rejoignent ensuite The Hunters, un groupe instrumental inspiré par les Shadows. Après avoir assisté à un concert du guitariste classique Julian Bream, Akkerman s'intéresse à la musique de la Renaissance et au luth, une passion qui l'accompagnera toute sa vie.
En 1969, il rejoint le Thijs van Leer Trio qui deviendra Focus, d'abord comme orchestre de fosse pour la production néerlandaise de la comédie musicale Hair. Sous le nom de Focus, le groupe explore le rock progressif, un amalgame de musique classique, de jazz et de rock, et connaît le succès international dans les années 70 avec des titres comme "Hocus Pocus" (1971) et "Sylvia" (1972). Les albums Focus II (1971) et Focus 3 (1972) sont certifiés disque d'or aux États-Unis.
En 1973, les lecteurs du magazine britannique Melody Maker élisent Akkerman "Meilleur guitariste du monde", devant des légendes comme Eric Clapton, Jimmy Page et Ritchie Blackmore. C'est une consécration pour ce Néerlandais qui défie le biais anglo-américain dominant dans le monde du rock. Malgré ce succès avec Focus, Akkerman poursuit parallèlement une carrière solo prolifique. En 1974, Atlantic publie son album Tabernakel où il joue du luth, démontrant sa polyvalence. Son album conceptuel Eli (1976), enregistré avec le chanteur Kaz Lux, remporte le Dutch Edison Award.
Akkerman quitte Focus en 1976 pour se concentrer sur sa carrière solo, explorant le jazz-rock fusion, le blues et même la musique classique. Au début des années 80, il expérimente le synthétiseur guitare, notamment le Roland GR-300, sur des albums comme Oil in the Family (1981) et Pleasure Point (1982). Il réunit brièvement Focus avec Van Leer en 1985 pour un album et un concert, puis à nouveau en 1990 pour l'émission télévisée Goud van Oud.
En 1992, Akkerman est victime d'un grave accident de voiture mais reprend la guitare dès 1993. Dans les années 90 et 2000, il continue de jouer avec son propre groupe et en solo, parfois accompagné d'arrangements préenregistrés (synthétiseurs Roland et boîtes à rythmes Linn). Il est également musicien de session recherché.
Sa position de légende néerlandaise est consacrée par plusieurs distinctions : le Golden Harp Award en 2005, la plus prestigieuse récompense musicale des Pays-Bas, et en 2012, il est nommé Chevalier de l'Ordre d'Orange-Nassau, honneur royal reconnaissant ses contributions à la musique néerlandaise et son influence mondiale. En 2018, un coffret monumental de 26 CD, The Complete Jan Akkerman, rassemble l'intégralité de son œuvre studio et live.
Aujourd'hui âgé de 78 ans, Jan Akkerman continue de tourner régulièrement, notamment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Son album live My Focus – Live Under The Rainbow, enregistré en février 2025, témoigne de sa vitalité artistique intacte. Comme il le dit lui-même : "C'est mon amour de jouer pour les gens du monde entier."
Techniques & matériel (signature sonore)
- Guitares principales :
- Gibson Les Paul Personal (modifiée par Paul Hamer en 1973 : retrait du circuit basse impédance, nouveau top en érable flammé, installation de humbuckers, wrap-around tail)
- Gibson Les Paul Custom 1954 (signature modèle Gibson, avec P-90s)
- Gretsch White Falcon 1963 (dont il a prélevé les pickups Filter'Tron pour les installer dans sa Les Paul)
- Framus Akkerman (signature model, années 70 - peu utilisé en raison de problèmes d'intonation), un modèle semi-acoustique plus récent, reconstruit par Catalyst Instruments.
- Gibson L-5 CES (jazz)
- Divers modèles custom (Robbert De Vos, Brandin Guitars J.A. Personal II)
- Synthétiseurs guitare :
- Roland GR-300 Polyphonic Guitar Synthesizer (utilisé sur Pleasure Point et Oil in the Family)
- Roland G-505, G-707
- Amplification :
- Marshall Super Lead 100-Watt Head (dans sa période rock) et plus tard Marble amps (depuis 2002, notamment le DCP100 Mk3)
- Effets :
- Utilisation de wah-wah, phaser/flanger
- Line 6 HD500 (multi-effets pour les performances récentes)
- Technique pionnière des volume swells produisant un son fluide, "fluty" et soutenu
- Autres instruments :
- Luth (notamment sur l'album Tabernakel)
- Guitare 12 cordes accordée en quintes parallèles (album Eli)
- Basse, piano, accordéon, batterie (multi-instrumentiste)
- Technique du Volume Swell : Caractéristique clé de son style, il utilise la pédale de volume pour créer un son doux, chantant et soutenu, souvent comparé à une flûte.
- Signature sonore : Akkerman est reconnaissable à son jeu mélodique sophistiqué, ses phrasés bluesy expressifs, sa virtuosité technique sans ostentation, son utilisation de volume swells pour créer des sustains fluides, et sa capacité à fusionner rock, jazz, blues et musique classique avec élégance.
Style & influences
Jan Akkerman est un caméléon musical dont le style défie toute catégorisation simple. Sa formation classique à l'Amsterdam Music Lyceum lui a donné une base théorique solide, mais c'est sa curiosité insatiable qui a forgé son identité unique. Dès l'adolescence, il est influencé par Django Reinhardt, le génie du jazz manouche, et par Julian Bream, dont l'interprétation de la musique de la Renaissance l'amènera à explorer le luth.
Avec Focus, Akkerman développe un style rock progressif sophistiqué qui mêle structures classiques, improvisations jazz et énergie rock. Ses chorus sur "Hocus Pocus" et "Sylvia" sont des modèles d'équilibre entre technique éblouissante et sensibilité mélodique. Contrairement à beaucoup de guitaristes prog de l'époque qui privilégiaient la vitesse pure, Akkerman sait quand se retenir, laissant respirer ses phrases.
Après son départ de Focus, sa carrière solo révèle l'étendue de sa palette : jazz-rock fusion dans la lignée de Larry Carlton ou John McLaughlin, blues électrique musclé, interprétations de standards de jazz, musique classique et Renaissance au luth. Les albums comme Tabernakel (1974) montrent sa maîtrise d'instruments anciens, tandis que Jan Akkerman (1978) et Live: Montreux Jazz Festival 1978 prouvent son excellence dans le jazz fusion propre et sophistiqué.
Dans les années 80, Akkerman embrasse les nouvelles technologies avec le synthétiseur guitare Roland GR-300, pionnier d'une approche qui sera plus tard popularisée par Pat Metheny et Allan Holdsworth. Son jeu au guitar synthesizer ne cherche pas à imiter d'autres instruments mais à créer de nouvelles textures sonores tout en conservant le toucher guitaristique.
Le style de Jan Akkerman est une mosaïque sonore, faisant de lui l'un des guitaristes les plus polyvalents de sa génération. Ses influences vont du blues (B.B. King) au jazz (Charlie Byrd, la fusion) et à la musique classique (dès Tabernakel en 1974, avec des interprétations de pièces du XVIe siècle). Son jeu est reconnu pour sa virtuosité technique et son sens aigu du timing. L'évolution stylistique est constante : du rock progressif psychédélique de Brainbox au Blues rock médiéval progressif de Focus, en passant par des albums conceptuels (comme Eli), des incursions dans l'électronique des années 80, et un retour aux racines du blues et du jazz dans ses travaux plus récents. Il est capable de passer d'un solo brûlant de hard rock à une délicate pièce de guitare nylon sans transition apparente.
Influences principales : Django Reinhardt, Julian Bream, Wes Montgomery, les Shadows, musique baroque et Renaissance, John McLaughlin, Larry Carlton, Jeff Beck.
Genres explorés : Rock progressif, jazz-rock fusion, blues (électrique et acoustique), musique classique, musique Renaissance, luth, funk, disco (années 80), world music.
Évolution stylistique : Rock instrumental et beat (années 60) → Rock progressif complexe avec Focus (1970-1976) → Jazz-rock fusion sophistiqué (fin années 70) → Expérimentation avec synthétiseurs et sonorités 80s (1980-1985) → Blues et fusion éclectique (années 90-2000) → Retour aux racines Focus et synthèse de toute sa carrière (années 2010-2020).
Discographie officielle
Albums studio
- Talent for Sale – 1968
- Profile – 1973 (enregistré en 1969)
- Tabernakel – 1974
- Eli (avec Kaz Lux) – 1976
- Jan Akkerman – 1977
- Aranjuez – 1978
- Aranjuez (avec Claus Ogerman) – 1978
- Transparental (avec Kaz Lux) – 1980
- 3 – 1980
- Oil in the Family – 1981
- Pleasure Point – 1982
- It Could Happen to You – 1982
- Can't Stand Noise – 1983
- From the Basement – 1984
- Focus (avec Thijs van Leer) – 1985
- The Complete Guitarist – 1986
- Heartware – 1987
- The Noise of Art – 1990
- Puccini's Cafe – 1993
- Blues Hearts – 1994
- Focus In Time – 1996
- Passion – 1999
- Blues Root (avec Curtis Knight) – 1999
- C.U. – 2004
- A Real Elegant Gipsy – 2005
- Minor Details – 2011
- Close Beauty – 2019
Albums live
- Live: Montreux Jazz Festival 1978 – 1979
- Live! Kiel/Stuttgart – 1988 (enregistré en 1979)
- 10,000 Clowns on a Rainy Day – 1997
- Live at the Priory – 1998
- Live at Alexanders – 1999
- Live (My Brainbox) – 2003
- Live in Concert: The Hague 2007 – 2008
- My Focus – Live Under The Rainbow – 2025
Compilations & coffrets (sélection)
- Guitar for Sale – 1973
- The Guitar Album – 1977
- A Talent's Profile – 1988
- Best of Jan Akkerman – diverses éditions
- North Sea Jazz Legendary Concerts (CD/DVD) – 2013
- Golden Years of Dutch Pop Music – 2017
- The Complete Jan Akkerman (26 CD box set) – 2018
- My Focus - Live Under the Rainbow (Live) - 2025 (prochain)
Morceaux phares (repères rapides)
- Hocus Pocus (avec Focus) – Focus II / Moving Waves – 1971
- Sylvia (avec Focus) – Focus 3 – 1972
- House of the King (composition d'Akkerman avec Focus) – In and Out of Focus – 1970
- Eruption / Tommy (avec Focus) – Focus II / Moving Waves – 1971
- Adagio – Focus 3 (Focus) – 1972 (arrangement classique)
- Hamburger Concerto (avec Focus) – Hamburger Concerto – 1974
- Tabernakel – Tabernakel – 1974
- Skydancer – Jan Akkerman – 1977
- Streetwalker – Jan Akkerman – 1977
- Crackers – Jan Akkerman – 1977
- Heavy Pleasure – Pleasure Point – 1982
- Pavane – Various performances
- Close Beauty – Close Beauty – 2019 (récent)
Récompenses & reconnaissances
- 1973 – Élu "Best Guitarist in the World" (Meilleur guitariste du monde) par les lecteurs du magazine Melody Maker, devançant Eric Clapton, Jimmy Page et Ritchie Blackmore
- 1973 - Nomination au Grammy Award – (Pour la Meilleure Composition Instrumentale, Hocus Pocus avec Focus)
- 1973 – Disques d'or RIAA pour Focus II et Focus 3 (500,000 copies chacun aux USA)
- 1976 – Dutch Edison Award pour l'album Eli (meilleur album)
- 2005 – Golden Harp Award, la plus prestigieuse récompense musicale des Pays-Bas, pour l'ensemble de son œuvre
- 2012 – Nommé Chevalier de l'Ordre d'Orange-Nassau (Knight in the Order of Orange-Nassau), honneur royal reconnaissant ses contributions à la musique néerlandaise et son influence mondiale
- Années 70 – Modèle signature Framus Jan Akkerman, premier modèle signature pour Akkerman
- 2013 – Modèle signature Brandin Guitars J.A. Personal II (deux versions : Signature Black et Signature Violin Sunburst)
- 2019 – Modèle signature Gibson 1954 Les Paul Custom Jan Akkerman (11 exemplaires produits)
Anecdotes & faits marquants
- Le guitariste prodige : Akkerman enregistre son premier single à 13 ans avec le Friendship Sextet (1960), et forme son premier groupe, Johnny and his Cellar Rockers, à 14 ans seulement.
- Hocus Pocus, un phénomène culturel : Le hit de Focus est utilisé dans d'innombrables émissions TV (Top Gear, Supernatural, Shameless) et films (Hot Fuzz 2007, Robocop 2014, Baby Driver 2017). Il a été repris par Iron Maiden, Marillion, Helloween, Gary Hoey, The Vandals et Vanessa-Mae.
- Une Les Paul mythique : La Gibson Les Paul Personal d'Akkerman, modifiée par Paul Hamer en 1973, est devenue légendaire. Hamer retira les pickups basse impédance, installa des humbuckers et refit le top en érable flammé sunburst. Paul Hamer dira que c'était "une des guitares au son le plus incroyable qu'il ait jamais entendu".
- Le pickup Gretsch dans la Les Paul : Akkerman retira le pickup Filter'Tron de sa Gretsch White Falcon 1963 pour l'installer dans sa Les Paul Custom, créant une combinaison sonore unique qu'il recherchait pour obtenir plus d'aigus.
- Central Park illuminé : Lors de concerts à Central Park dans les années 70 avec Focus, pendant un solo de guitare d'Akkerman, toutes les lumières s'éteignirent. Il continua de jouer dans le noir, puis des lumières s'allumèrent dans les immeubles environnants formant le mot "FOCUS". Akkerman se souvient avoir été très fier.
- Collaboration avec Jack Bruce : Lors de la cérémonie des Melody Maker Poll Awards en 1972, il a participé à un jam impromptu avec Jack Bruce (Cream) et Pierre van der Linden.
- Melody Maker N°1 : Être nommé meilleur guitariste du monde en 1973 par le magazine Melody Maker a été un choc pour la scène musicale, le plaçant au sommet des guitar-heroes de l'époque.
- L'accident de 1992 : Akkerman fut victime d'un grave accident de voiture en 1992. Sa précieuse guitare Framus Akkerman, qui se trouvait dans le coffre, fut détruite. Le luthier Robbert De Vos créa une nouvelle guitare à partir des restes, que Akkerman utilisa dans les années 90.
- Pionnier du guitar synthesizer : Akkerman fut parmi les premiers guitaristes à maîtriser le Roland GR-300 au début des années 80, ouvrant la voie à des guitaristes comme Pat Metheny, Allan Holdsworth, Michel Cusson et Steve Vai.
- Multi-instrumentiste accompli : Au-delà de la guitare, Akkerman joue du luth, de la basse, du piano, de l'accordéon et de la batterie. Son album Tabernakel (1974) met en valeur son jeu au luth dans un style médiéval/Renaissance.
- Refus de la reformation Focus 2002 : Lorsque Thijs van Leer reforma Focus en 2001, Akkerman déclina l'invitation, préférant continuer sa propre voie artistique. Il n'a participé qu'à l'album Focus 8 en 2002 avant de se retirer à nouveau.
- Une éthique sans compromis : L'album Pleasure Point fut enregistré en 1979 mais ne trouva un éditeur (WEA) qu'en 1982, trois ans plus tard. Cette attente témoigne des difficultés d'Akkerman à faire accepter sa vision artistique par l'industrie, mais aussi de son refus de faire des compromis commerciaux.
- "Words are made to lie" : Akkerman explique sa préférence pour la musique instrumentale en citant un ami : "Les mots sont faits pour mentir". Pour lui, la musique sans paroles connecte les gens au-delà des barrières linguistiques et culturelles.
- Toujours actif à 78 ans : En 2025, Jan Akkerman continue de tourner avec énergie, enregistrant l'album live My Focus – Live Under The Rainbow lors de sa tournée britannique de février 2025. "C'est mon amour de jouer pour les gens du monde entier", déclare-t-il.
Influence & héritage
L'impact de Jan Akkerman sur la scène musicale mondiale est considérable, bien que souvent sous-estimé en raison de sa discrétion médiatique. En tant que membre de Focus, il a contribué à placer les Pays-Bas sur la carte du rock progressif international, prouvant qu'un groupe non anglo-américain pouvait conquérir les charts américains et britanniques. Le titre de "Meilleur guitariste du monde" décerné par Melody Maker en 1973 n'était pas qu'honorifique : il reconnaissait objectivement la supériorité technique et l'originalité d'Akkerman face aux légendes établies.
Son approche fusionnant virtuosité, sensibilité mélodique et éclectisme stylistique a inspiré plusieurs générations de guitaristes. Contrairement aux guitar heroes des années 70 qui privilégiaient souvent la vitesse et la puissance, Akkerman a démontré qu'on pouvait être techniquement époustouflant tout en restant musical, expressif et élégant. Son utilisation pionnière du guitar synthesizer a ouvert des portes que d'autres, comme Pat Metheny, Allan Holdsworth et Steve Vai, franchiraient par la suite.
Dans le monde du jazz-rock fusion, Akkerman occupe une place unique. Contrairement à ses contemporains comme John McLaughlin (Mahavishnu Orchestra) ou Larry Carlton, qui venaient principalement du jazz, Akkerman apportait une perspective rock progressif enrichie de formation classique et d'intérêt pour la musique ancienne. Cette combinaison inhabituelle créait un son distinctif qui lui était propre.
Son influence se mesure également dans sa capacité à transcender les frontières stylistiques sans jamais paraître dilettante. Peu de guitaristes peuvent passer avec autant d'aisance du rock progressif au luth Renaissance, du blues électrique au jazz fusion, de la musique classique aux expérimentations électroniques. Akkerman a prouvé qu'un musicien sérieux pouvait explorer tous ces territoires tout en maintenant une identité artistique cohérente.
Jan Akkerman est considéré comme le guitariste le plus influent jamais issu des Pays-Bas. Son mélange audacieux de genres a ouvert la voie à de nombreux artistes de fusion. Sa réputation de "meilleur guitariste du monde" en 1973 a légitimé l'idée qu'un musicien non-américain ou non-britannique pouvait dominer la scène internationale du rock. Il a été cité comme une influence par des guitaristes de genres variés, y compris ceux de la scène metal progressive (comme certains membres d'Iron Maiden ou Marillion), grâce à son approche technique et mélodique du solo. Son héritage repose sur l'idée que la technique doit toujours servir la mélodie et l'exploration musicale.
Artistes influencés ou ayant rendu hommage : De nombreux guitaristes prog et fusion citent Akkerman comme influence, notamment dans les cercles néerlandais et européens. Rik Emmett (Triumph) utilisait une guitare Framus Akkerman. Des groupes comme Iron Maiden, Marillion et Helloween ont repris "Hocus Pocus", perpétuant l'héritage de Focus. Le respect des pairs est éloquent : Steve Howe (Yes) a déclaré : "Les nuits où nous avons joué ensemble étaient magnifiques, j'aurais aimé pouvoir jouer ce qu'il faisait." Peter Banks (Yes) le louait comme "un musicien presque parfaitement formé, son jeu classique était formidable, son improvisation était inégalée."
L'héritage d'Akkerman réside aussi dans sa discrétion même. À une époque où beaucoup de guitaristes recherchaient la célébrité et l'exposition médiatique, il a choisi l'authenticité artistique et la qualité musicale. Cette attitude a fait de lui une figure culte respectée par les connaisseurs, un "musicien de l'ombre" dont notre blog souhaite précisément célébrer le génie discret. Jan Akkerman incarne la philosophie selon laquelle le véritable talent n'a pas besoin de la validation des majors pour exister et inspirer.
Liens internes
- Article morceau : Heavy Pleasure (Playlist 3 - Titre 2)
- Playlist : Playlist 3
Ressources externes
- Site officiel : www.janakkerman.com
- Discographie détaillée : ProgArchives - Jan Akkerman
- Discographie Discogs : Discogs - Jan Akkerman
- Biographie Wikipedia : Wikipedia - Jan Akkerman
- Equipboard (matériel) : Equipboard - Jan Akkerman Gear
- Chaîne Youtube : Jan Akkerman
Parcours & connexions
Connexions cachées / Line-up à la loupe
Le parcours de Jan Akkerman révèle un réseau fascinant de collaborations et de connexions musicales qui traversent les frontières du rock, du jazz et de la musique classique. Son ami d'enfance Pierre van der Linden, avec qui il fonda Johnny and his Cellar Rockers à 14 ans, le rejoignit plus tard dans Focus en 1970, créant l'une des sections rythmiques les plus puissantes du rock progressif. Cette amitié de toute une vie témoigne de la loyauté d'Akkerman envers ses partenaires musicaux.
Ses collaborations avec des claviéristes de jazz renommés comme Jasper van't Hof et Joachim Kühn dans les années 70 et 80 l'ont placé au cœur de la scène jazz-rock fusion européenne, souvent éclipsée par ses équivalents américains mais tout aussi créative. Le bassiste Cees van der Laarse, régulier des sessions d'Akkerman, et le batteur Hans Waterman ont formé avec lui une section rythmique solide qui ancre solidement ses explorations jazz-rock.
La collaboration avec Kaz Lux sur les albums Eli (1976) et Transparental (1980) représente une rare incursion vocale dans le catalogue d'Akkerman. Eli remporta le Dutch Edison Award, prouvant que même avec des chanteurs, Akkerman maintenait son excellence artistique. Son travail avec des légendes comme Jack Bruce (Cream), le guitariste classique Charlie Byrd, le roi du blues B.B. King et même le rappeur Ice-T témoigne de sa capacité à collaborer avec des artistes de tous horizons sans jamais renier son identité.
Une connexion particulièrement fascinante est celle avec le luthier Paul Hamer, qui modifia sa Gibson Les Paul Personal en 1973, créant l'instrument iconique qui deviendrait synonyme du son d'Akkerman. Cette guitare, avec ses pickups Filter'Tron de Gretsch installés par Akkerman lui-même, est un exemple parfait de l'approche pratique et expérimentale du guitariste envers son matériel.
Enfin, la relation complexe avec Thijs van Leer, co-fondateur de Focus, mérite mention. Malgré des tensions créatives qui menèrent Akkerman à quitter Focus en 1976, les deux musiciens se sont retrouvés ponctuellement (1985, 1990, 2002), prouvant qu'au-delà des divergences artistiques, le respect mutuel et la magie musicale persistaient. Leur alchimie sur scène reste l'une des plus mémorables du rock progressif.
Le lien entre Jan Akkerman et Phil Collins (Genesis) est souvent ignoré. Bien qu'ils n'aient pas joué ensemble dans un groupe stable, Collins a collaboré en tant que musicien de session ou en studio avec des artistes associés à Akkerman, témoignant du cercle de musiciens de haut niveau fréquenté par le guitariste. De même, son duo avec le chanteur Kaz Lux sur les albums Eli et Transparental représente un contrepoint rare dans sa discographie majoritairement instrumentale, montrant sa capacité à composer dans un cadre plus pop-rock progressif.
Concerts intégraux en vidéo
Jan Akkerman étant un artiste relativement discret sur le plan médiatique, les concerts intégraux filmés sont rares mais précieux. Ce profil correspond parfaitement à la philosophie de notre blog qui vise à mettre en lumière ces musiciens de l'ombre, ces artistes d'exception dont le talent mériterait une reconnaissance plus large.
Akkerman a toujours privilégié l'authenticité de la scène et la qualité musicale plutôt que la surexposition médiatique. Les quelques concerts filmés qui existent témoignent de son extraordinaire capacité d'improvisation et de sa présence scénique sobre mais intense.
Concerts disponibles :
Performances légendaires en vidéo
Focus - Hocus Pocus Live '73 Focus - Sylvia (Old Grey Whistle Test, December 1972) Focus Live 1990 - Tommy Jan Akkerman / Live Montreux 1978 Jan Akkerman - House Of The King • TopPop Focus - Hamburger Concerto / La Focus - Hamburger Concerto / La Cathedrale de Strasbourg - Live BBC TV 1974 (Remastered)
Approche scénique
Jan Akkerman sur scène est l'antithèse du guitar hero flamboyant. Pas de poses théâtrales, pas de grimaces exagérées, pas de course sur scène. Akkerman se tient généralement immobile, concentré sur son instrument, laissant sa guitare parler pour lui. Cette sobriété n'est pas un manque de présence mais au contraire une intensité contenue qui attire magnétiquement l'attention du public vers la musique elle-même.
Son approche scénique reflète sa philosophie musicale : "Les mots sont faits pour mentir", dit-il en citant un ami. Sur scène, Akkerman ne ment pas. Chaque note est authentique, chaque solo est une conversation honnête avec le public. Il préfère les petites salles intimes aux stades massifs, les festivals de jazz où le public écoute attentivement aux arènes rock où l'on attend du spectacle.
Contrairement à beaucoup de guitaristes qui jouent les mêmes solos soir après soir, Akkerman improvise constamment. Ses concerts ne sont jamais identiques - chaque performance est unique, influencée par l'ambiance de la salle, l'énergie du public, son humeur du moment. C'est cette spontanéité qui rend ses concerts live si précieux pour les connaisseurs.
Dans les années récentes, Akkerman a parfois joué en solo avec des arrangements préenregistrés (synthétiseurs Roland, boîtes à rythmes Linn), une approche qui pourrait sembler froide mais qui, sous ses doigts, conserve toute la chaleur et l'expressivité de ses performances en groupe. Sa capacité à créer une connexion émotionnelle même dans ce format minimaliste témoigne de sa maîtrise absolue.
L'approche scénique d'Akkerman est souvent concentrée et introspective. Contrairement à d'autres guitar heroes de son époque, il privilégie la musicalité et la communication avec ses musiciens plutôt que la démonstration exubérante. Dans la période Focus, son interaction avec Thijs van Leer était un élément clé, oscillant entre moments de complicité et tension créative. Aujourd'hui, il reste un musicien dont la présence est dominée par la complexité et la beauté de son jeu.
Éthique de travail & production
Jan Akkerman est un travailleur acharné qui a toujours placé la barre très haut. Sa formation académique à l'Amsterdam Music Lyceum lui a inculqué une discipline rigoureuse, mais c'est sa curiosité insatiable qui alimente sa créativité. Il n'a jamais cessé d'apprendre, d'explorer de nouveaux instruments (du luth au guitar synthesizer), de nouveaux styles (du baroque au funk), de nouvelles technologies.
Sa méthode de création privilégie l'improvisation et l'expérimentation. Beaucoup de ses morceaux naissent d'explorations spontanées en studio ou lors de soundchecks, capturées puis développées. Cette approche organique explique pourquoi sa musique sonne toujours fraîche et jamais formulaïque, même après plus de 50 ans de carrière.
Akkerman est également perfectionniste concernant le son et la production. Il est impliqué dans tous les aspects de l'enregistrement, du choix des micros au placement des amplis, du mixage au mastering. Cette attention au détail explique la qualité sonore constante de sa discographie, même sur des albums produits avec des budgets modestes.
Son rythme de travail a toujours été prolifique : plus de 30 albums studio solo, sans compter les albums avec Focus, Brainbox et d'innombrables collaborations. Pourtant, il ne sacrifie jamais la qualité à la quantité. Chaque album reflète une intention artistique claire, même lorsque le marché ou les maisons de disques n'étaient pas réceptifs (comme l'attente de trois ans pour publier Pleasure Point).
Akkerman incarne l'éthique du musicien professionnel : arriver préparé, respecter ses partenaires musicaux, donner le meilleur de soi-même à chaque performance, ne jamais tricher avec le public. Cette intégrité a gagné le respect durable de ses pairs et de ses fans, même s'il n'a jamais connu la célébrité massive d'un Clapton ou d'un Page.
Jan Akkerman a une éthique de travail axée sur l'exploration et le renouvellement constant. Il a déclaré que "jamais deux de mes albums ne sonnent de la même manière", illustrant son refus de s'enfermer dans un genre unique. Ce rythme de travail l'a amené à produire une discographie très étoffée, incluant plus de 30 albums solo, témoignant d'une soif inlassable d'expérimentation sonore, que ce soit en intégrant des instruments anciens ou des technologies de pointe (synthé-guitare).
Vision artistique
La vision artistique de Jan Akkerman se résume en quelques principes fondamentaux qui ont guidé toute sa carrière : authenticité, excellence technique au service de l'émotion, curiosité sans frontières, et indépendance créative.
Pour Akkerman, la technique n'est jamais une fin en soi mais un moyen d'expression. Être élu "Meilleur guitariste du monde" en 1973 était une reconnaissance de sa virtuosité, mais il n'a jamais cherché à impressionner par la vitesse pure. Chaque note doit avoir un sens, chaque solo doit raconter une histoire. Cette approche le distingue des guitar shredders qui privilégient la pyrotechnie à l'émotion.
Sa curiosité musicale ne connaît pas de frontières. Akkerman refuse d'être enfermé dans une case - rock progressif, jazz fusion, blues, classique, Renaissance - tous ces genres l'intéressent également. Cette ouverture d'esprit lui a permis de créer un langage musical unique qui transcende les catégories. Il cite souvent Django Reinhardt comme influence majeure, prouvant qu'on peut être virtuose tout en restant profondément expressif et mélodique.
Son indépendance créative a parfois eu un coût commercial. Quitter Focus au sommet de leur succès en 1976 pour explorer d'autres directions musicales était un choix risqué. L'album Pleasure Point attendit trois ans avant de trouver un éditeur. Mais Akkerman n'a jamais fait de compromis artistiques pour plaire aux maisons de disques ou suivre les modes. Cette intégrité explique pourquoi, même s'il n'est pas aussi célèbre que certains de ses contemporains, il est immensément respecté par ceux qui comprennent vraiment la musique.
Sa philosophie peut se résumer par ses propres mots : "C'est mon amour de jouer pour les gens du monde entier." Pas de recherche de célébrité, pas d'ego démesuré, juste l'amour pur de la musique et du partage avec le public. Cette humilité combinée à un talent exceptionnel fait de Jan Akkerman une figure unique dans l'histoire de la guitare - un génie discret que notre blog est fier de mettre en lumière.
La philosophie musicale d'Akkerman repose sur l'abolition des frontières stylistiques. Sa vision est celle d'une musique totale où le rock peut rencontrer le classique (comme sur Tabernakel ou Aranjuez) et où la technique sert une émotion profonde. Le message principal qu'il porte est celui de la liberté d'expression musicale, rejetant les étiquettes rigides et se concentrant sur le "timing" et le "toucher" comme signature ultime de l'artiste.
Conclusion
Jan Akkerman est l'incarnation parfaite du musicien de l'ombre que notre blog souhaite célébrer. Élu meilleur guitariste du monde en 1973, devançant Eric Clapton, Jimmy Page et Ritchie Blackmore, il aurait pu poursuivre une carrière de superstar médiatique. Au lieu de cela, il a choisi l'authenticité artistique, l'exploration musicale sans compromis, et la discrétion face à la surexposition.
Son parcours est celui d'un véritable artiste complet : virtuose technique capable de jouer aussi bien du rock progressif que du jazz fusion, du blues électrique à la musique Renaissance au luth, de la musique classique aux expérimentations avec les synthétiseurs guitare. Peu de guitaristes peuvent revendiquer une palette stylistique aussi vaste tout en maintenant une identité sonore cohérente et reconnaissable.
Avec Focus, il a contribué à placer les Pays-Bas sur la carte du rock progressif international, prouvant qu'un groupe non anglo-américain pouvait conquérir les charts et les cœurs. Ses solos sur "Hocus Pocus" et "Sylvia" restent des modèles d'équilibre entre virtuosité technique et sensibilité mélodique. Sa carrière solo, prolifique et éclectique, témoigne d'une curiosité insatiable et d'un refus de se laisser enfermer dans une case.
À 78 ans, Jan Akkerman continue de tourner avec passion, enregistrant encore des albums live comme My Focus – Live Under The Rainbow en 2025. Cette longévité artistique n'est pas le fruit du hasard mais la conséquence d'une éthique de travail rigoureuse, d'une honnêteté musicale sans faille, et d'un amour authentique pour son art et son public.
Dans un monde musical dominé par le marketing des majors et la surexposition médiatique, Jan Akkerman représente une alternative précieuse : celle du talent pur, de l'intégrité artistique, et de l'excellence musicale qui n'a pas besoin de validation commerciale pour exister. Il est le guitariste que les guitaristes respectent, le musicien que les musiciens admirent, l'artiste que les connaisseurs célèbrent.
C'est précisément ce type de génie discret que notre blog souhaite mettre en lumière, loin de la propagande des majors et des choix formatés imposés au grand public. Jan Akkerman mérite d'être découvert, écouté, célébré - non pas malgré sa discrétion, mais précisément à cause de l'authenticité et de la qualité qu'elle représente.
Jan Akkerman n'est pas seulement un guitariste ; il est un pont entre les genres, un compositeur dont la singularité réside dans sa capacité à mêler la sophistication du jazz et du classique à l'énergie brute du rock. Son statut de « Meilleur Guitariste du Monde » en 1973 souligne l'impact fulgurant de son génie. Aujourd'hui, il demeure un maître dont l'identité artistique est définie par l'exploration et un toucher inimitable, laissant un héritage de polyvalence et d'innovation pour les générations futures de musiciens.







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