GOING TO CALIFORNIA
Playlist 2 – titre 16 – "Going to California" de Led Zeppelin sur l'album "The Complete BBC Sessions"
🎧 Introduction
- Genre musical : Folk Rock acoustique, ballade introspective
- Présentation (tags) : quête, fuite, rock, Californie, espoir, fragilité, voix masculine, guitare acoustique, muse.
- Album / parution : enregistré le 1er avril 1971 au Paris Theatre, Londres, pour la BBC. Publié officiellement sur The Complete BBC Sessions (1997/2016)
- Particularité : rupture stylistique dans l’album, sans batterie ni distorsion. Version la plus épurée et fragile, capturée avant la sortie officielle de l'album studio (Led Zeppelin IV).
- Statut : morceau culte mais discret, souvent éclipsé par les géants de l’album. Classique du répertoire acoustique et bootleg essentiel.
🪞 Contexte & genèse
Composé en 1971, “Going to California” naît dans une période de tension et de transition pour Led Zeppelin. Robert Plant, alors jeune père, traverse une phase d’introspection. Jimmy Page, de son côté, explore les textures acoustiques et les paysages intérieurs. La chanson est souvent interprétée comme une réponse à la désillusion, à la quête d’un ailleurs — la Californie devenant ici un mirage, un refuge, une projection. Écrite par Robert Plant et Jimmy Page, cette chanson est un hommage mélancolique à la contre-culture californienne et à la quête d'un idéal féminin, largement inspiré par la scène folk et notamment l'artiste Joni Mitchell. Cette version, capturée pour l'émission de radio de la BBC, se situe à un moment charnière pour Led Zeppelin, quelques mois avant le succès planétaire de Led Zeppelin IV. Elle démontre la volonté du groupe de s'éloigner des clichés du Hard Rock en explorant des textures acoustiques et intimes. Le lieu d'enregistrement, le Paris Theatre de Londres, confère à cette performance une qualité sonore plus sèche et précise que les enregistrements de stade ultérieurs, amplifiant la sensation de proximité avec l'auditeur.
🎸 Version originale et évolutions (en vidéos)
🎼 Analyse musicale
- Structure : intro instrumentale – couplets – pont – conclusion suspendue. Ballade simple en couplets, sans refrain distinct, s'appuyant sur une mélodie circulaire et hypnotique.
- Ambiance & style : dépouillé, contemplatif, presque fragile. Atmosphère rêveuse, mélancolique et pastorale. Le style est un Folk psychédélique teinté de Blues.
- Instrumentation :Jimmy Page à la guitare acoustique avec un accordage DADGAD (Open Dsus4), John Paul Jones à la mandoline. Aucune percussion ni basse électrique. Le son "live BBC" capture une réverbération naturelle minimale.
- Voix : Robert Plant en retenue, presque chuchotée, pleine d’espoir et de doute. Il utilise un registre doux et plaintif. L'interprétation live de 1971 révèle une vulnérabilité vocale accrue, renforçant le thème de la quête romantique.
- Solo : aucun solo au sens classique, mais des envolées de mandoline subtiles. Le dialogue musical entre la guitare acoustique de Page et la mandoline de Jones constitue le cœur mélodique de la composition.
- Points saillants : “Someone told me there’s a girl out there / With love in her eyes and flowers in her hair”. La ligne de mandoline, la justesse de l'accordage non standard de la guitare, et la pureté de la prise de son BBC.
🎭 Symbolisme & interprétations
Going to California symbolise le rêve américain revisité par la contre-culture britannique. C'est l'archétype de la chanson de route sans moteur, où le voyage est spirituel autant que géographique. Elle exprime la lassitude du monde matérialiste (le "monde sale et gris") et la recherche d'une beauté simple et d'un amour idéal, souvent identifié à l'image des femmes fortes et créatives de la scène folk-rock des années 70. La Californie devient ici un mythe personnel — un lieu de renaissance, d’amour possible, mais aussi de désillusion. Le narrateur fuit une relation toxique, imagine des épreuves quasi bibliques (“la mer rouge”, “la colère des dieux”), et projette ses espoirs dans une femme idéalisée. La chanson oscille entre rêve et lucidité, entre fuite et quête. C’est une parabole douce-amère sur le besoin de recommencer ailleurs.
🔁 Versions & héritages
“Going to California” a influencé toute une génération de songwriters folk-rock. Elle est souvent reprise dans des contextes acoustiques, intimes, ou comme hommage à la vulnérabilité masculine. Elle a aussi été utilisée dans plusieurs films et séries pour souligner des moments de rupture ou de départ. Le morceau a eu un héritage immense dans la musique acoustique, influençant de nombreux artistes qui ont cherché à marier la puissance du rock à la délicatesse des instruments traditionnels. C'est un point de référence pour toute balade acoustique jouée à la mandoline.
🎼 Reprises à découvrir (en vidéos)
🔊 Versions récentes ou remasterisées (en vidéos)
🔊 Versions live
🏆 Réception
Going to California est universellement reconnue comme l'une des plus belles réussites acoustiques de Led Zeppelin, souvent saluée par la critique pour sa délicatesse. La version BBC/Paris Theatre est particulièrement appréciée par les fans pour son authenticité et son statut de document historique, capturant le morceau peu après sa création.Bien que moins médiatisée que “Stairway to Heaven”, la chanson est devenue culte chez les fans. Elle est souvent citée comme l’un des morceaux les plus personnels et vulnérables du groupe. Elle a été saluée pour sa sobriété et sa sincérité.
🔚 Conclusion
En plaçant “Going to California” après “Untold Passion”, la Compil 2 opère un basculement : de la tension instrumentale à la confession vocale, de la fusion électrique à la fragilité acoustique. C’est un moment suspendu, une respiration, une projection vers l’ailleurs. La montagne de rêves devient ici un sommet de transmission. Après l'électronique de Jan Hammer, Going to California est le retour à l'âme acoustique et à la voix narrative, un pont essentiel entre le rock puissant et la poésie folk. C'est un morceau qui rappelle que l'intensité ne dépend pas du volume, mais de la sincérité. Il est le calme avant, peut-être, une nouvelle tempête musicale.
🖼️ Pochette de l’album

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