PHIL COLLINS
« Je ne suis pas un chanteur qui joue de la batterie. Je suis un batteur qui chante. »
Phil Collins, entre tension rythmique et confession mélodique, a gravé sa voix et ses fûts dans la mémoire collective. De Genesis à ses ballades orchestrales, il incarne une transmission émotionnelle sans compromis. C'est le chanteur, batteur et producteur britannique qui a défini la Pop-Rock sophistiquée des années 80, maîtrisant à la fois les ballades introspectives et les succès rythmés.
Collaborateurs de session
- Daryl Stuermer – guitare rythmique et solo
- Pino Palladino – basse fretless
- Leland Sklar – basse
- Section cuivres du groupe Earth, wind & fire "Phenix Horns" comprenant :
- Don Myrick – saxophone alto
- Louis Satterfield – trombone
- Rahmlee Michael Davis – trompette
- Michael Harris – trompette
- Hugh Padgham – production, ingénierie
- Arif Mardin – arrangements orchestraux
Musiciens additionnels (tournées & lives majeurs)
- Chester Thompson – batterie
- Nathan East – basse
- Brad Cole – claviers
- Arnold McCuller – chœurs
- Amy Keys – chœurs
Collaborations et groupes
- Genesis – batteur puis chanteur – 1970–1996, 2007, 2021
- **Brian Eno** – Batterie, Chœurs – Divers projets (notamment *Another Green World*)
- Brand X – jazz fusion – 1975–1980
- Eric Clapton – sessions et tournées – 1985–1990
- Phil Collins Big band - années 90
- Steve Winwood – orgue Hammond sur ... But seriously
- David Crosby -- choeurs sur ... But seriously
- Philip Bailey – duo sur “Easy Lover” – 1984
- **Led Zeppelin** – Batteur (performance Live Aid 1985)
- **Tears For Fears, Robert Plant, Mike & The Mechanics** – Producteur/Musicien de session
Biographie concise
Né en 1951 à Chiswick, Londres, Philip David Charles Collins débute comme enfant acteur avant de devenir batteur de Genesis en 1970. Il en devient le chanteur après le départ de Peter Gabriel en 1975. Parallèlement, il entame une carrière solo dès 1981 avec Face Value, marqué par le tube “In the Air Tonight”.
Son style oscille entre pop sophistiquée, soul blanche, jazz fusion et rock progressif. Il explore le jazz instrumental avec Brand X, dirige le Phil Collins Big Band dans les années 90, et participe à des événements majeurs comme Live Aid (où il joue avec Led Zeppelin), Montserrat, le Secret Policeman’s Ball, et Party at the Palace (2002), où il accompagne Black Sabbath sur “Paranoid”.
Il intervient aussi comme producteur ou musicien de session auprès de Tears For Fears, Robert Plant, Mike & The Mechanics, et Brian Eno (Another Green World).
Il a dominé les années 80 en exploitant une formule alliant mélodies Pop accessibles, production soignée (avec le son de réverbération de batterie "gated reverb"), et thèmes personnels. Il est l'un des trois artistes (avec Paul McCartney et Michael Jackson) à avoir vendu plus de 100 millions d'albums en tant que membre d'un groupe ET en tant qu'artiste solo.
Il poursuit sa carrière scénique en solo et avec Genesis tout au long des années 2000, notamment lors du concert When in Rome (2007). En 2021, il retrouve Genesis pour la tournée The Last Domino?, présentée comme l’ultime chapitre du groupe. Il tire sa révérence scénique en mars 2022 à Londres, entouré de ses compagnons de toujours.
Techniques & matériel (signature sonore)
- Batterie Gretsch, Pearl, puis Yamaha
- Utilisation pionnière du “gated reverb” Effet emblématique créé par Padgham et Collins, caractérisé par un "boom" massif de caisse claire coupé brusquement.
- Claviers : Roland D-50, Yamaha DX7
- Voix : ténor éraillé, expressif, Timbre haut, souvent doublé ou triplé pour la richesse, avec une grande capacité à passer de la retenue au cri émotionnel.
Style & influences
Phil Collins puise dans la soul de Motown, le jazz fusion, le rock progressif et la pop orchestrale. Influencé par Buddy Rich, The Kinks, The Beatles, Stevie Wonder, il développe un style hybride : batterie syncopée, voix nue, arrangements dramatiques. Son évolution va du rock complexe de Genesis à la confession pop de ses ballades solo.
Discographie officielle
Albums studio
- Face Value – 1981
- Hello, I Must Be Going! – 1982
- No Jacket Required – 1985
- ...But Seriously – 1989
- Both Sides – 1993
- Dance into the Light – 1996
- Testify – 2002
- Going Back – 2010
🎼 Albums – Genesis (avec Phil Collins)
Albums live
- Serious Hits… Live! – 1990
- Live from the Board – 1995
- Finally… The First Farewell Tour – 2004
- Not Dead Yet Tour – 2019
Compilations & coffrets (sélection)
- Hits – 1998
- The Singles – 2016
- Take a Look at Me Now (box set) – 2016
Morceaux phares (repères rapides)
- In the Air Tonight – Face Value – 1981
- Against All Odds – Soundtrack – 1984
- Sussudio – No Jacket Required – 1985
- Another Day in Paradise – ...But Seriously – 1989
- I Wish It Would Rain Down – ...But Seriously – 1989
- You'll Be in My Heart – Tarzan OST – 1999
Récompenses & reconnaissances
- **1 Oscar (Academy Award)** – Meilleure Chanson Originale (*You'll Be In My Heart*, 1999)
- **7 Grammy Awards** – Dont Album de l'année (*No Jacket Required*, 1985)
- **2 Golden Globes** – (Pour ses travaux de bande originale Disney)
- **6 Brit Awards** – Dont Meilleur Artiste Masculin Britannique
- **Rock and Roll Hall of Fame** – Intronisé avec Genesis (2010)
- **Songwriters Hall of Fame** – Intronisé en tant qu'artiste solo (2003)
Anecdotes & faits marquants
- “In the Air Tonight” a été enregistré en une seule prise, avec une boîte à rythmes Roland CR-78
- **Le Gated Reverb :** Le son de batterie distinctif de *In The Air Tonight* est le résultat d'une erreur de micro dans la salle de contrôle, transformée accidentellement en effet signature.
- Il a joué de la batterie sur plusieurs albums de Brian Eno, Peter Gabriel, Robert Plant
- **Live Aid 1985 :** Il est le seul artiste à avoir joué sur les deux scènes du Live Aid (Londres et Philadelphie) le même jour, grâce au Concorde.
- Il a doublé un gorille dans le film *Balto* (1995)
- **Disney :** Il a écrit et interprété la musique des bandes originales de *Tarzan* (1999), *Frère des ours* (2003) et *Taram et le chaudron magique* (1985).
- Il a perdu partiellement l’usage de ses mains à cause de problèmes nerveux, l’obligeant à arrêter la batterie
Influence & héritage
Phil Collins est un pont essentiel entre le Rock Progressif des années 70 et la Pop-Rock des années 80. Sa polyvalence (batteur, chanteur, producteur) a inspiré des générations d'artistes Pop, Soul et R&B. Son approche de la composition, mêlant mélodies accrocheuses et textes personnels, a servi de modèle pour les ballades des années 90. Son héritage est celui de la **virtuosité rendue accessible**. Il a influencé des générations d’artistes, de Adele à Bruno Mars. Son usage du “gated reverb” a marqué la production des années 80. Son approche émotionnelle de la pop a ouvert la voie à une écriture plus vulnérable dans la musique mainstream. Il reste une figure tutélaire du croisement entre virtuosité technique et accessibilité populaire.
Liens internes
- Article morceau : “I Wish It Would Rain Down”
- Playlist : Playlist 2
Ressources externes
Parcours & connexions
Connexions cachées / Line-up à la loupe
Phil Collins a collaboré avec une constellation d’artistes issus de milieux variés : - Avec Eric Clapton, il explore la ballade bluesy - Avec Peter Gabriel, il partage l’expérimentation sonore - Avec Sting et Mark Knopfler, il participe à des sessions caritatives (Band Aid, Live Aid) - Il joue sur des albums de Robert Plant, Paul McCartney, et David Crosby Ces connexions révèlent une capacité rare à s’adapter sans perdre son identité sonore. La puissance du son solo de Collins réside dans la fidélité de son cercle de musiciens. La collaboration Clapton/Collins sur *I Wish It Would Rain Down* est un point culminant, réunissant deux figures du Rock/Blues. La présence de **Steve Winwood** (Traffic) à l'orgue sur le même titre crée un "super-groupe" de facto, reliant l'héritage Rock Progressif/Blues britannique au son Pop commercial des années 80. De même, les lignes de basse reconnaissables de Pino Palladino ou Leland Sklar garantissent une identité rythmique solide, quelle que soit la version studio ou live.
Concert intégral
🎬 Concerts intégraux
Brand X - Live At Reading Festival 1976 -
➤ Genesis - The Mama Tour Live 1984 Full Concert HD
Concert intégral au National Exhibition Centre. “Abacab”, “Mama”, “Home by the Sea”, “Los Endos”. Collins en chef de tension, batterie syncopée, clair-obscur scénique. - Phil Collins – Serious Hits… Live! – 15 juillet 1990 – Berlin (Waldbühne)
➤ Phil Collins: Serious Hits... LIVE! / Seriously Live in Berlin
Captation complète du concert emblématique. “Easy Lover”, “Colours”, “In the Air Tonight”, “Take Me Home”. Orchestration dense, public en fusion, voix en suspension. - Wembley – 13 décembre 1994 – Both Sides Tour
➤ Cette performance montre un Collins plus grave, plus intérieur. “I Don’t Care Anymore” devient un cri retenu, sans batterie, sans artifice. Le silence devient tension. - Phil Collins – Both Sides Tour – 13 décembre 1994 – Wembley Arena
➤ Phil Collins Live 1994 Complete
Concert complet en tension intérieure. “I Don’t Care Anymore”, “Separate Lives”, “Can’t Turn Back the Years”. Sobriété scénique, voix grave, mise à nu. - Phil Collins – Far Side of the World Tour – 25 mars 1995 – Jakarta (Taman Impian Jaya Ancol)
➤ Phil Collins 1995.03.25 Taman Impian Jaya Ancol, Jakarta
Captation rare en Indonésie. “Rain Down”, “Dance Into the Light”, “Sussudio”. Public suspendu, voix tremblante, tension intacte. - Live and Loose in Paris - 1997
Phil Collins Big Band 17th July 1998 - Pori Jazz Festival - V&S improved 1080p 50 FPS - Phil Collins – First Farewell Tour – 16 avril 2004 – Paris (Bercy)
➤ Phil Collins - Finally...The First Farewell Tour Paris 2004
Concert intégral à Bercy. “Take Me Home”, “Groovy Kind of Love”, “In the Air Tonight”. Dernier souffle scénique, transmission scellée, public debout.
Performances légendaires
- Serious Hits... Live! - Berlin 1990
- Drum Solo Live à Bercy (2004)
- "In The Air Tonight" (No Ticket Required 1985)
- "Easy Lover" (Seriously Live in Berlin 1990)
- Live Aid – 13 juillet 1985 – Wembley (Londres)➤ Phil Collins interprète “Against All Odds” en solo, dans une tension vocale nue et poignante. Quelques heures plus tard, il joue à Philadelphie avec Eric Clapton et Led Zeppelin. Une journée historique, où la batterie et la voix deviennent vecteurs de transmission planétaire.
- Genesis – “Mama” – 25 février 1984 – Birmingham (NEC)➤ Lors de l’ouverture du Mama Tour, Collins incarne la tension dramatique du morceau. Cette captation montre son rire démoniaque, sa batterie syncopée, et une mise en scène en clair-obscur. La scène devient théâtre.
- Berlin – 14 octobre 1990 – Waldbühne➤ Dans “Seriously Live in Berlin”, Collins livre une version orchestrale de “Against All Odds”. Le phrasé est étiré, la voix tremble, le public est suspendu. Clapton est là, mais la scène appartient à la confession.
- Jakarta – 1995 – Istora Senayan➤ Dans cette captation rare, “I Wish It Would Rain Down” est chanté comme une prière. La voix tremble, le public écoute religieusement. La pluie devient purification.
- Paris – 16 avril 2004 – Bercy – First Farewell Tour➤ Ce concert clôt une époque. Collins, affaibli physiquement, transcende la fatigue. “Take Me Home” devient un chant de transmission. Le public est debout, les larmes montent.
Approche scénique
Phil Collins privilégie une mise en scène sobre, centrée sur l’émotion et la musicalité. Il alterne entre batterie et chant, souvent assis, avec une gestuelle contenue. L'approche scénique de Collins est paradoxale : très technique (avec son drum kit au centre de la scène, souvent en duo avec Chester Thompson), mais incroyablement chaleureuse et humble. Il interagit directement avec le public avec humour, créant une atmosphère d'intimité malgré la taille des stades. Sa mise en scène met l'accent sur les musiciens (nombreux solos, présentations détaillées), soulignant son identité de "musicien d'abord".
Éthique de travail & production
Collins est réputé pour son exigence technique et son rythme de travail intense. Il enregistre souvent seul plusieurs instruments, maîtrise les arrangements, et supervise le mixage avec rigueur. Sa collaboration avec Hugh Padgham est fondée sur la recherche de la perfection sonore. Son éthique de travail est axée sur la simplicité mélodique et l'excellence du *groove*. Il privilégie les batteries jouées en direct pour une sensation organique et n'hésite pas à s'entourer de virtuoses pour obtenir la texture souhaitée (cuivres, Clapton).
Vision artistique
Sa musique est un vecteur de confession, de mémoire et de rédemption. Il refuse les artifices et privilégie la sincérité émotionnelle. Pour lui, chaque morceau est une offrande, chaque concert une transmission. Il incarne une pop humaniste, où la virtuosité sert l’émotion.
Conclusion
Phil Collins est plus qu’un chanteur ou un batteur : il est un architecte de la mémoire sonore, un transmetteur d’émotions, un artisan de la confession musicale. De Genesis à ses ballades solo, il a su créer une œuvre cohérente, accessible, mais techniquement exigeante. Son héritage est vivant, porté par des générations d’artistes, et scellé dans les oreilles de millions d’auditeurs. Il est l’un des rares à avoir su faire danser la douleur, et chanter la pluie comme une guérison.






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