BEETHOVEN'S 5TH
Playlist 2 - titre 2 Beethoven's "5th" de Danney Alkana sur l'album Rock the Bach
🎧 Introduction
- Genre musical : Metal néoclassique / shred instrumental
- Présentation (tags) : Beethoven, reprise baroque, guitare électrique, virtuosité, solo furieux, classique revisité
- Album / parution : *Rock the Bach* – parution indépendante, 1999
- Particularité : Reprise intégrale du premier mouvement de la Symphonie n°5, transposée pour guitare électrique solo avec un accent sur la rapidité et la technique.
- Statut : Version culte dans les cercles underground du shred néoclassique
🪞 Contexte & genèse
Danney Alkana, guitariste américain au style flamboyant, s’inscrit dans la lignée des baroques modernes comme Yngwie Malmsteen ou Jason Becker propulsés par l'école de Mike Varney (Shrapnel Records), où l'héritage classique (notamment Bach, d'où le titre de l'album) est fusionné avec le Hard Rock et le Heavy Metal. Ce morceau adapte le premier mouvement de la 5ème Symphonie de Beethoven à la guitare électrique, transformant les cordes et les cuivres de l'orchestre en cascades de notes ultra-rapides typiques du style "shred".Sa reprise de la Symphonie du Destin ne cherche pas à rendre hommage — elle cherche à défier. Le morceau, capté en studio dans une mise en scène sobre, est une relecture furieuse du motif “Ta-ta-ta-TAAA”, transformé en charge électrique. C’est Beethoven transfiguré, dans une logique de duel mythique.
🎸 Version originale et évolutions (en vidéos)
La version originale, composée par Ludwig van Beethoven entre 1805 et 1807, fut créée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien. Elle est considérée comme l’archétype de la symphonie dramatique, avec son motif rythmique obsédant et sa progression vers la lumière. La version d’Alkana conserve la structure du premier mouvement, mais en modifie l’intention : ici, le destin ne frappe pas — il explose.
🎼 Différentes interprétations originales
- Beethoven - Symphony No. 5 (Proms 2012)
Interprétation complète lors des Proms, avec une énergie collective et une captation sonore de qualité. Idéal pour ressentir la tension dramatique dans un cadre orchestral moderne. Beethoven, Symphony 5, 1st movement - Beethoven: Symphony No. 5, First movement (Benjamin Zander)
Version focalisée sur le premier mouvement, dirigée par Benjamin Zander avec le Boston Philharmonic. Lecture analytique, précise, et très expressive. - Beethoven: Symphony No. 5
Interprétation complète avec minutage des quatre mouvements. Très utile pour suivre la progression dramatique et les transitions. - Symphony No. 5 - Ludwig Van Beethoven
Version classique, bien équilibrée, avec une mise en scène sobre. Parfaite pour une écoute linéaire sans distraction visuelle. - Beethoven - Symphony No. 5 - Iván Fischer | Concertgebouworkest
Interprétation magistrale avec Iván Fischer à la baguette. L’orchestre du Concertgebouw offre une lecture intense et nuancée. - Ludwig van Beethoven - Symphony no. 5 (1808) (Autograph version)
Dirigée par John Eliot Gardiner avec l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, sur instruments d’époque. Pour ressentir le souffle original de 1808.
🎼 Analyse musicale
- Structure : Calquée sur le *Allegro con brio* du premier mouvement de la symphonie, avec introduction, développement, et coda alternant les phrases mélodiques menées par la guitare solo et les passages orchestraux rock (rythmique lourde et claviers).
- Ambiance & style : Tension dramatique, puissante et emphatique, virtuosité extrême, atmosphère de combat - fidèle au ton du « Destin » de l'original, mais avec l'énergie brute et la distorsion du Heavy Metal.
- Instrumentation : Guitare électrique solo (leader mélodique), avec backing Guitare rythmique, Basse, Batterie et Claviers/Synthétiseurs imitant un ensemble orchestral.
- Voix : Instrumentale uniquement — la guitare devient voix
- Chorus : Présent tout au long — sweeps, trémolos, modulations, ornements baroques. Le morceau est un "chorus" permanent, chaque passage mélodique étant une prouesse technique de *sweep picking* et d'*alternate picking*.
- Points saillants : L'exécution d'une difficulté extrême du motif initial à l'octave supérieure. L'intégration réussie de la mélodie classique dans une grille Hard Rock percutante, les accélérations, les descentes chromatiques, la coda finale
🎭 Symbolisme & interprétations
Cette reprise symbolise la rencontre entre la **rigueur structurelle** de la musique classique et la **liberté technique** du rock virtuose. Elle prouve que les grandes mélodies classiques peuvent survivre et s'épanouir dans un contexte moderne et amplifié, agissant comme un pont entre deux mondes musicaux souvent perçus comme opposés. Cette version ne cherche pas à illustrer le destin — elle le provoque. Là où Beethoven évoquait la lutte intérieure, Alkana propose une extériorisation brutale, presque arrogante. Le morceau devient une scène de duel, où la guitare incarne le héros tragique affrontant les forces du canon classique. C'est la preuve que l'émotion du "Destin" peut être transmise aussi bien par un orchestre symphonique que par une seule guitare électrique.
🔁 Versions & héritages
Le genre néo-classique est largement dominé par Yngwie Malmsteen. D'autres guitaristes, comme The Great Kat ou Tony MacAlpine, ont également adapté des œuvres de Beethoven, Bach ou Paganini. De nombreuses reprises de la 5e symphonie existent : Walter Murphy en disco, Trans-Siberian Orchestra en symphonique métal, Tina S en shred moderne. Mais Alkana se distingue par son approche radicale, sans concession, où la virtuosité devient un langage de défi. Sa version bien que moins médiatisée, est très respectée dans la communauté des musiciens de *shred* pour sa propreté d'exécution et son approche directe.
🎼 Reprises à découvrir (en vidéos)
🎸 Reprises métal et néoclassiques de la 5e symphonie
- Metal Guitar Cover (Multi-instrument)
- Beethoven's 5th Symphony / 5ª sinfonia Beethoven guitarra ...
Interprétation par un autre guitariste (Glauco Siqueira), mais mentionne explicitement l’arrangement de Danney Alkana. Ce n’est pas lui en personne, mais c’est sa version jouée en live par un autre. Utile pour valider la portée de son influence. - Marcin Patrzalek : Beethoven's 5th Symphony on One Guitar
- Beethoven's 5th Symphony (Metal Cover) | Cole Rolland x ...
Une version moderne, ultra-produite, avec guitare électrique, batterie lourde et orchestration numérique. Cole Rolland transforme le motif “Ta-ta-ta-TAAA” en charge épique, avec des breaks et des envolées dignes d’un final de concert. - 5th Symphony Beethoven Metal Version
Reprise intégrale du premier mouvement en mode shred. Le son est brut, la guitare en avant, et le tempo volontairement accéléré. C’est du Beethoven sous tension, avec une esthétique proche de Danney Alkana. - SYMPHONY No 5 Guitar Lesson wth TAB | Beethoven Rock ...
Une version pédagogique, mais jouée avec intensité. Le guitariste propose une lecture rock du thème principal, avec tablature et ralentis. Utile pour décortiquer le motif et ses variations. - Beethoven's 5th (Movement 1) Meets Metal
Reprise complète du premier mouvement, avec guitare électrique et backing orchestral. L’arrangement est fidèle mais électrifié, avec une tension dramatique bien dosée. - Beethoven's 5th - Metal Guitar Showdown
Duel de guitaristes sur le thème de la 5e symphonie. Chaque interprète propose sa variation, avec des styles allant du heavy au néoclassique. C’est un champ de bataille sonore, où Beethoven est le prétexte à la virtuosité. - Beethoven's 5th Symphony Metal Version for Guitar
Reprise complète avec backing track, jouée en solo. Le son est clair, le jeu précis, et l’intention dramatique bien présente. Une version accessible mais intense, idéale pour capsule comparative. The Great Kat : Beethoven's 5th Symphony
❌ Ce qui n’est pas Alkana (mais souvent confondu)
Les vidéos suivantes sont des reprises par Yngwie Malmsteen ou des imitateurs, parfois titrées de manière ambiguë :
- Yngwie Malmsteen- Beethoven`s 5th symphony
- Yngwie malmsteen Beethoven 5th Symphony cover by T Suanlian Tonsing 2016
- Beethoven' 5th Symphony - Yngwie Malmsteen?
🔊 Versions récentes ou remasterisées (en vidéos)
- Danney Alkana | Beethoven - Symphony No. Five Complete [432HZ/HQ]
- Version complète du premier mouvement, avec un traitement sonore en 432 Hz.
- Le mix est plus ample, les aigus mieux équilibrés, et la spatialisation donne une tension dramatique accrue.
- C’est probablement le remaster officieux le plus abouti à ce jour.
🎧 Remixes & remasters à tester
- Beethoven's 5th Symphony Badass Remix - Nicholas Chazarre
Remix électro-rock avec beats lourds et synthés agressifs. Le thème est respecté mais réinterprété avec punch, idéal pour illustrer les mutations modernes du classique. - Beethoven's Fifth - Remixed by Beat A Maxx
Remix orchestral-électro, avec backing du BBC National Orchestra. Le contraste entre acoustique et numérique est saisissant, et le groove est bien dosé. Très utile pour comparer. - Beethoven Symphony No.5 (Techno Remix) - Chris Justin
Version techno futuriste, inspirée du style Future Rave. Le motif devient hypnotique, avec montée progressive et drop électronique. Parfait pour évoquer les dérives clubbing du classique. - Beethoven's Symphony No.5 - Remake
Version remasterisée et réorchestrée, avec son clair et spatialisation moderne. Idéal pour miser sur la restitution sonore contemporaine du canon beethovénien. - Beethoven Symphony no. 5 remix
Remix amateur mais sincère, avec visuels psychédéliques. Le thème est respecté, mais l’ambiance est onirique, presque rétro. Utile pour se pencher sur les appropriations libres.
🏆 Réception
- Bien que l'album ne soit pas un succès commercial grand public, il est bien accueilli par les critiques spécialisées dans le rock instrumental et le metal pour la qualité technique et l'ambition de l'arrangement.
- Le morceau est devenu une pièce de démonstration pour les guitaristes cherchant à prouver leur maîtrise technique.
🔚 Conclusion
"Beethoven's 5th" de Danney Alkana est un morceau emblématique de la mouvance néo-classique metal de la fin du XXe siècle. Il représente l'audace d'un guitariste à s'attaquer à l'une des œuvres les plus sacrées de la musique occidentale pour en livrer une version électrisante, technique, mais respectueuse de l'esprit originel. Danney Alkana ne reprend pas Beethoven — il le transfigure. Sa version de la Symphonie du Destin est une déclaration de guerre musicale, un cri baroque, un solo de feu. Elle mérite sa place dans la Playlist 2 comme jalon de folie maîtrisée et comme exemple de virtuosité au service d'une mélodie intemporelle, faisant écho au "Cliffs of Dover" d'Eric Johnson.

Commentaires
Enregistrer un commentaire
Vos retours sont les bienvenus, même dissonants !